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Récits de voyages et randonnées diverses avec un mulet:UN VRAI MULET

De tout, un peu: 1 conte, 2 mondes, 3 souvenirs et une aspiration.

 

Petit garçon, j'ai longtemps cru après avoir regardé les images dans les livres pour enfants ou écouté les contes de Charles Perrault que tout était réalité.

Je m'imaginais que le chat ''beauté'' était d'une grande lignée de chat et qu'il voyageait uniquement avec ses bottes de sept lieues.

Des bottes magiques en quelque sorte puisqu'elles lui permettaient de se déplacer sans effort calorique important de 30 km environ à chaque pas. Aujourd'hui, il faudrait beaucoup d'éoliennes pour fournir une telle énergie. Soucieux du bien être de la planète, les heureux écologistes de tous poils n'auraient alors plus le monopole de la science infuse. Ainsi, tous les petits Poucet que nous sommes tous quelque part, pourraient enfiler ces merveilleuses chausses pour se déplacer gratis sur des distances nettement supérieures à celles parcourues par nos électriques, nos hybrides rechargeables qui pourtant sont tellement vertueuses aux dires des défenseurs de la prophylaxie planétaire.

Il faudrait toutefois qu'une, voire plusieurs start-up puissent réguler la capacité de la batterie de ces nouvelles bottes prometteuses afin de pouvoir se déplacer sur des distances moindres. Je pense notamment aux fiers citadins ou pauvres banlieusards qui ne peuvent pas faire un pas sans s'asseoir dans leur véhicule atmosphérique. Vive donc la botte de deux lieues , vive la botte d'une demi lieue ! Nettement plus urbaine vous en conviendrez.

Et ce chat dont la beauté m'échappait alors, n'était-il pas l'intendant du marquis de Carabas ?

C'est beaucoup plus tard que je compris que ce marquisat n'est en aucune manière imaginaire mais qu'il existe bien au delà de nos frontières, au confins du lointain pays de l’Azerbaïdjan. Les géographes et certains politiques se plaisent à penser que cette région dont l’orthographe diffère de celle utilisée par Charles Perrault doit s'écrire Karabakh. Nul doute cependant que le fameux chat de mon enfance exerçait bien la dignité de shah de Karabakh dans ce pays du sud Caucase.

En Géo-politique comme en métaphysique, il faut savoir discerner le vrai du faux, le réel de l'imaginaire et ne pas se laisser aller à de trop rapides conclusions. Sinon ne réalise-t-on pas des confusions démesurément néfastes à la compréhension ?

Avec Montand, je fredonnerais bien ''le chat de la voisine... et vive le chat... et vive le chat...''

en shuntant doucement le dernier vers, comme lui.

 

Marchant peu et de moins en moins par les temps qui courent, j'ai davantage le loisir d'écouter la radio. Je zappe souvent d'une station à une autre pour éviter les inévitables ricanements des animateurs-amuseurs publics et de leurs dociles invités, pour rejoindre s'il en est des émissions dites culturelles.

les ricanneurs

Là, le sérieux et le contentement de soi est absolument de rigueur. Chacun parlant de lui pour dire tout le bien qu'il pense de lui même. Bien souvent je compare ces experts de la parole insignifiante aux Marx Brothers tellement leur numéro est cocasse mais reste totalement muet.

Les politiques, encore eux, ont réponse à tout, ils psalmodient leur bréviaire à toute vitesse sans écouter les questions, mais exclusivement pour réciter ce qui est bon pour nous. Ce sont là des personnalités qui pensent surtout à nous et uniquement à nous! Ce sont de véritables Derviches-tourneurs heureux d'être nés et centrés sur eux-mêmes qui tournent, tournent encore jusqu'à sombrer dans l'extase personnelle; Ce sont de très beaux numéros de hautes voltiges. Comme vous tous, j'ai retenu quelques unes de leurs facéties ou vérités toutes faites.

-...tout est important chez l'homme, il faut être fort de l'intérieur...

-...un récit mémoriel intrinsèquement fort et porteur d'espoir pour combattre l'injustice...

-...nos territoires? je dirais qu'il s'agit surtout d'une plasticité de l'itinérance...

-...cela va nous impacter car ces vues sont Glaçantes...

-...oui cela est sublimissime dans un spectre Flippant ,et hyper clivant...

-...l'intra-verbal ne doit faire oublier la vraie vie...(Ah bon ?)

-...et voyez vous chère amie, le résultat prime plus que la relation, et ne sommes nous pas nous même un résultat ? L'évaluation nous décline en résultat !

-...le corona virus, c'est le déni de l'inspiration, de l’aspiration, de la respiration …

-...aujourd'hui, comme vous ne le savez pas , beaucoup de journalistes sont des accompagnateurs de pouvoir dans une douleur consentie...(rien que ça?)

-...vos contorsions ''Discurtives'' ne sont pas dignes et sont outrecuidantes à l’extrême...mais cela est cependant une Vraie question, un Vrai sujet...

-...la pandémie m'a fait grandir car j'ai redécouvert les fondamentaux... être Avec , c'est fondamental en Présentiel.

Et je vous fais grâce de tous les discours faisant à tout propos référence au BIO; que ce soit en politique, en économie...en vente de yaourts, de dentifrice, de bagnoles et du moindre chiffon...Là, on atteint souvent des summum du marketing dévoyé organisé.

 

Le monde d'avant, celui d'après...vous me tarabustez avec cette ritournelle !

Il n'est pas si loin le temps ou les couettes n’existaient pas et où nous devions faire nos lits au carré.

Courbés sur le matelas, rapprochant nos mains comme pour applaudir afin de pincer les bords du couvre lit en un geste synchronique horizontal et vertical donnant ainsi un aspect rigoureux, tiré au cordeau de notre lit, nous avions alors la satisfaction du ''lit''accompli.

Il n'est pas si loin le temps où nous nous disputions pour avoir le droit de moudre le café avec le moulin entre nos cuisses.

Il n'est pas bien loin le temps où nous devions trier les lentilles en prenant soin de mettre de coté le moindre caillou. Travail qui ne supportait pas d'erreur !

Ma petite sœur en sortait souvent vainqueur.

Il est bien loin le temps ou nous graissions régulièrement nos brodequins pour ensuite les faire briller, puis les montrer, bras tendus, en attendant les félicitations.

Mais le temps du défilé des mômes qui chantaient à tue-tête « C'est le garde champêtre qui pue qui pète » est bien révolu depuis que l'hygiénisme d'état nous assaille en cette période conventionnelle des gestes barrières. Il faut bien reconnaître que la fonction de garde champêtre à l'ancienne décline inexorablement elle aussi dans nos territoires ! Je les ai cherchés sans succès lors de mes voyages muletiers: je crois bien qu'ils n'existent que dans les reconstitutions campagnardes, comme Berdigne-berdogne en Sologne. Cette fonction rurale s'est modernisée et appartient aujourd'hui au cadre d'emploi des polices municipales.

Je m'en souviens bien, j'avais alors entre 10 et 12 ans quand arrivait pour dîner le vieil homme. Il avait toujours ce pardessus gris, fripé et gras et ce costume qui sentait tellement le métro. Il transportait toujours son gros cartable rouge brun à soufflets. Ce cartable était toute sa vie, d’ailleurs le cuir était tout rappé et portait par endroit des marques plus sombres, signe d'une utilisation prolongée. De cette serviette pourtant volumineuse dépassait une multitude de feuilles pour la plupart froissées. Ce visiteur du soir venait ainsi souvent exposer à mon père ses plans pour sauver la gare d'Orsay et lui redonner une nouvelle vie.

C'est ainsi qu'il allait de ministère en ministère pour convaincre de protéger ce beau monument non encore classé, me semble t-il à l'inventaire des monuments historiques(1973). Avant le repas et juste après le dessert il sortait des plans griffonnés de part en part et montrait les calculs réalisés sur ses études pour sauver la gare d'Orsay. Je ne sais pas si son obstination et sa vision allèrent jusqu'à convaincre le président Giscard de transformer ce lieu en musée.

 

Nous, les enfants nous riions à nous tordre lorsque cet homme essayait également de convaincre son auditoire du bien fondé des canons sur rails.

Nous faisions alors semblant d'aller vers la cuisine ou dans le couloir pour pouffer librement afin de ne pas faire trop honte.

Mon père avait pris en amitié ce personnage cousin des professeurs Nimbus et Tournesol qui a disparu comme il était venu. En sa mémoire, un jour jaillit une chanson flash afin qu'il reste toujours dans nos souvenirs d'enfants : en voici le refrain «  Et l'ami Bouxin, c'était son destin, c'est noyé hier soir dans un verre de vin... » sur un air de cantique !

Et comme le chantait notre ami Graeme qui s'en est allé l'an passé ; « Le temps est loin de nos 20 ans, des coups de... »

J'entends encore le gars qui,remontant avec sa carriole à bras la rue des Allamandiers près de la place St Michel à bordeaux, criait bien fort «  chiffons, gueille, ferraille ».

Gaston Pichadey, bordeluche.

Mais, c'est vraiment bien loin tout ça !

 

Ne croyez pas que je sois un hyper nostalgique du passé ; Je sais que l'on vit mieux que hier et que demain sera bien ... (encore Graeme).

Ainsi aujourd’hui, grâce à la modernité, je peux bénéficier d'une prévision météo un peu plus juste que dans le temps. Pour cela il suffit que j'ouvre la télévision à une heure donnée pour apercevoir une stagiaire un peu guindée, toujours de profil à la manière des gravures de l'ancienne Égypte. Baudelaire aurait alors pu comparer les battements de ses bras aux ailes de géant d'un albatros échoué, maladroit et honteux. En mouvements saccadés les gestes pointant sur la carte de France les zones des épisodes pluvieux, neigeux ou simplement nuageux ressemblent à si méprendre à de gauches conversations de sémaphores.

En dehors de la météo ,je sais que nous avons également des personnalités politiques qui se plaisent à nous dire l'avenir. Ces prophètes d'un temps moderne, du temps d'après sont très persuasifs. Ils nous aident à mieux supporter l'avenir en restant vivants. « Dans tant de temps, vous pourrez faire cela, vous ne pourrez pas faire ceci, etc, et quoique qu'il en coûte bien sûr ! » 

C'est ainsi que les précieuses prédictions du climat immédiat permettent à chacun de choisir sa garde-robe, son moyen de locomotion, son activité de plein air ...ou tout simplement de savoir si l'on peut vadrouiller sans pluie avec un mulet sur les chemins de la forêt de Brouard.

au milieu des bois

 

 

Et justement, dans tout ça, que devient Mario ?

Je dois vous le dire, il s'embête, et ça m'embête qu'il s'embête ! Il tourne en rond et fait quelques bêtises. L'autre jour il a pris en grippe Caramel une chèvre naine, en la pourchassant hors de ce qu'il considère comme son territoire propre. Très peu adepte du concept de la violence faite aux chèvres, il n'a pas hésité a mordre une oreille en la coupant en partie. Non content de son forfait il l'a attrapée par une patte arrière pour la faire tournoyer en la jetant loin de lui. La pauvre chèvre de petite taille a été sauvée par l'intervention d'une automobiliste qui voyant de loin cette horrible attaque à immédiatement signalé la scène à l'ami Jean claude.

L'autre matin, le bougre a arraché toute la clôture intermédiaire du pré, laissant piquets et rubans dans un inextricable désordre jonchant la prairie. Ce bric-à-brac pouvant à n'en point douter le blesser ne serait-ce par une prise de longe, il fût nécessaire de réparer en urgence ! Bruno, mon maréchal ferrant à qui je racontais cette histoire m'a dit que Mario avait sûrement vu soit un cochon soit un chevreuil s'aventurer dans Son pré. Et là, clôture ou pas on fait respecter son droit de propriété!

Le confinement,ça perturbe aussi les mulets !

En bon ''muléthérapeuthe'' que je ne suis pas, je me suis efforcé de contourner les règles prescrites par nos prophètes. Souvent, nous sommes partis plus d'une heure sur de discrets chemins de traverse. Lors de la troisième prophétie le cordon étant plus souple nous sommes allés jusqu'à Beauval, le zoo des Pandas. Distant de quelques 11 km du pré de Basfer, nous étions presque en ordre pour le respect de la distance. Par contre,  les 3 heures inscrites dans le nouveau règlement étaient trop justes pour faire l'aller et le retour: alors comme nous le faisions au service militaire, nous avons opéré ''fomec''ou si vous préférez ''sioux'' (forme, ombre, mouvement, éclat, couleur) pour rester ''invisibles''. Ce jour là, un beau ciel bleu s'associait avec le froid de ce début décembre et un superbe soleil rayonnait sur la région centre: nous avons mangé tous les deux sur le grand parking totalement désertique. Avec ses longs poils d’hiver Pépère Mario transpirait un peu et en mangeant le sandwich préparé par La Marie, mes pensées se bousculaient aux abords de ce lieu d'enfermement.

J'étais heureux que Mario soit de l'autre côté de la barrière et qu'il bénéficie d'une liberté relative au lieu d’être écroué à vie pour la plus grande joie des spectateurs.

on est bien mieux en forêt.

Dans les zoos, on stocke parfois des équidés étranges et insolites et heureusement que les mules n'ont pas encore leur ticket d'entrée.

Les mules et mulets sont pourtant des animaux aussi rares que les fameux Pandas aux yeux noirs comme aime les évoquer Django. En France, d'après l'association nationale des races mulassières du Poitou, on estime à 26 naissances sur l'année 2017 de ces fils du vent marin, de la terre et de l'eau. A n'en point douter il s'agit pour Mario d'être le digne représentant d'une espèce rare .

Mustang ,dit Mario un mulet poitevin de choix
Mustang Richardière, dit Mario, à l'attache.

Rappelons qu'au XIX° siècle la France produisait jusqu'à 18000 individus chaque année...

 

Pour être mieux renseigné sur la rareté des pandas Géants je me suis rapproché de la « Fourth national giant Panda survey».

En synthèse, la chine a recensé 1864 pandas dans le monde en 2015 avec une progression de 268 individus sur 10 ans. Il suffit de faire un rapide calcul pour arriver au même pourcentage de naissances annuelles que pour mules et mulets.

Ainsi, un confinement physique parfois contourné sans malveillance permet un dé-confinement de la pensée presque délurée.

 

mulet de grand chemin, devant le Mont Saint Michel.
Mario, devant le Mont Saint Michel

Ne pas baisser la garde, être à l'écoute et poursuivre l'engagement pour soutenir la recherche sur les cancers de l'enfant, sera à nouveau mon combat pour demain.

                                                               pour faire un don: www.letoiledemartin.com

                                  Jean, du pré de Basfer en Décembre 2020,

 

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BYP BYP 22/12/2020 10:00

En effet , déplacer la gare d'Orsay .....sur des rails !!! Une idée un peu loufoque , mais qui apportait rires , joie et bonne humeur rue Varet ....... . Génial Bouxin
Et tu nous gratifies toujours et encore de belles pages . Merci Jean
Joyeux Noel à toi , et bon hivernage à Mario ;
Bises ; BYP BYP

Philippe THIEBAUT 12/12/2020 18:25

Bonsoir Jean
Je reconnais bien le regard malicieux que tu portes sur le brouhaha de notre vie quotidienne. Comme toi je préfère sourire des circonvolutions verbales d'un certain nombre d'intervenants sur nos ondes mais, toujours optimiste (tu me connais) j'ai repéré quelques commentateurs capables de nous expliquer de façon très pédagogique ce qu'ils savent et ce qu'ils ne savent pas, de présenter les échecs sans condamner et les succès sans flagorner. Portez vous bien, toi et ceux qui te sont chers. Philippe

Harlé 11/12/2020 20:03

Merci pour ce longues nouvelles, réprimande à Mario pour la chevrette, on n'attaque pas plus petit que soi; Pour nous ,décembre est une période noire, le dernier Noël, nous étions un de plus, et le 22/12, Vincent aurait eu 23 ans. Avec toutes nos amitiés, Serge et Michèle Harlé