Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

De Saint -Aignan à Vézelay

12 septembre 2014 (5)

De Saint-Aignan-sur-Cher à Vézelay                              septembre 2014

 la colline de Vézelay

 

Environ une année de préparation est nécessaire à ce voyage .Une organisation rigoureuse est primordiale pour gérer uniquement l’imprévu sur le chemin.

Marcher pour une cause nécessite de prévoir maints détails dont le randonneur lambda, de surcroit sans bagage accompagné, n’à point à se soucier. Il en est ainsi par exemple de l’hébergement des marcheurs et du mulet, des rencontres et réceptions  avec les municipalités accueillantes, les divers  points / presse et contacts avec les médias, la logistique des transports et de la vie courante, puis de la gestion des bénévoles qui accompagnent ici et là le noyau du projet.

sur la route

Marcher pour une cause, et en particulier pour soutenir la recherche sur les cancers de l’enfant nous donne des devoirs face à la satisfaction de s’engager pour une bonne action, de sentir la joie de participer à une œuvre utile, en se promettant d’y associer ceux que nous croisons. Tous ces gens qui nous hument en nous apercevant et qui se méfient du message transporté, tant ils sont irrités par les nombreux appels commerciaux de diverses officines  cherchant à toucher la solidarité en sollicitant une charité expiatoire.

la colline de Vézelay

Il est vrai que de marcher avec un grand mulet, flanqué de ses deux ou trois, voire plus de compagnons marcheurs, incite la  curiosité de bien des gens que nous avons rencontrés tout le long de ce chemin de Vézelay. Parfois, sur le chemin, dans mes réflexions métaphysiques, j’ai le sentiment que dans notre société actuelle, où le délitement social s’accentue, en perte de repères et en pleine interrogation sur le sens des choses et de la vie, cela leur fait du bien à l’âme de voir que l’on se donne gratuitement, en forte, vraie, et longue action pour l’autre. Il m’arrive même de penser que nombre d’entre eux aimeraient être avec nous : en quelque sorte qu’ils nous envient de ne pas nous repaître aussi devant la télévision.

 

Marcher en donnant du sens à son action, je puis vous l’assurer, procure de la joie mais aussi une certaine fierté, je n’ai pas honte de l’écrire ! Je crois même que c’est contagieux : certains  me l’ont confié.

Vers Vézelay14 septembre 2014 Mario en compagnie

Durant ce voyage muletier, nous sommes partis à trois, arrivés à six et suivant les étapes, ce sont plus de dix marcheurs qui cheminent entre Touraine, Sologne, Berry, Sancerrois, et les marches du Morvan. Chaque jour ou presque,  un sympathisant se joint au groupe, et c’est là une expérience très riche. Il vint des gens de Biarritz tout exprès, d’autres du Havre, de Bordeaux, ou de Paris, de Roanne, de Bourges, de Saint Doulchard, d’Allouis, de Sancerre ou de Saint Satur .Ces hommes et ces femmes ont « bonifié » par leur présence notre voyage contre le cancer des mômes, en apportant leur note d’optimisme et d’engagement.

 

Et puis il y a ceux et celles que nous avons croisés en chemin.

12 septembre 2014 Mario et les EnfantsVierzon

D’abord les gosses que nous sommes allés voir au petit matin devant leur école. A Clamecy, ceux du CE1 se sont trouvés -scotchés-devant le grand mulet voulant tous lui caresser le museau avant que la directrice de l’école batte le rappel de la rentrée ! Il y a ceux de l’école de Vézelay un peu frustrés de ne pas pouvoir s’approcher de Mario le mulet, en raison des dramatiques circonstances qui se sont déroulées deux heures avant notre arrivée dans le village : un tireur de type schizoïde blesse gravement 3 adolescents venus en pèlerinage à la basilique, au motif, semble-t-il que la boulangère ne voulait pas lui offrir une pâtisserie (c’est du moins ce qu’ont relaté les journaux). En effet, à notre arrivée toute la colline est envahie de voitures des radios, de gendarmerie, et de télévision, qui, apparemment, ne sont pas là pour nous. C’est pour cela, malgré l’arrestation du tireur fou par les forces de l’ordre, que les enfants ne furent autorisés par leur maîtresse qu’à apercevoir le mulet de loin, par dessus le parapet, qui, comme on le sait bien, peut se montrer extrêmement dangereux et agressif après avoir entendu parler d’une telle fusillade. Pour compenser cette frustration, les quelques enfants encore présents nous ont donné leurs dessins afin que nous les transmettions aux enfants hospitalisés.

14 septembre 2014 les GirardinsSaint Satur

Les enfants ont occupé une place importante durant cette marche, mais aussi avant le départ. Ainsi, les élèves des classes primaires de Sancerre et de St Satur ont fait des dessins du mulet, lesquels ont été vendus par Christian durant une journée entière dans le hall d’un super marché au profit de l’Etoile de Martin.

 

Ces mêmes enfants sont venus nombreux nous accueillir le lundi 15 Septembre vers 16 heures, au centre du village, au pied de la fameuse Fontaine. Il faut dire qu’ils ne sont pas les seuls, puisqu’une bonne soixantaine de personnes entoure alors le mulet et le maire, dans une ambiance festive non absente de générosité. Ce fut là un grand moment, le point d’orgue de notre marche, tant l’intérêt et la ferveur des gens présents était palpable.

14 septembre 2014 à St Satur

Je me souviens qu’un homme se souciant du bien-être de Mario, s’enquit d’aller lui acheter un grand sac de carottes au supermarché cité plus haut, un autre lui apporta un seau d’eau, et bien sûr chacun lui exprimait de la sollicitude en voulant le caresser, ou entamer une discussion philosophique avec lui. Lui, impassible, goûtait ce moment magique que chaque mulet rêve en secret de connaître un jour. Mario vous l’avez compris était à la fête : surtout lorsque un certain Bernard apprenant que Mario n’était que le « p’tit nom gâté » de Mustang de la Richardière, pris la décision d’aller chercher sa belle Ford Mustang pour l’afficher face à l’olibrius qui n’en croyait pas ses grandes oreilles !

 

Ce même Bernard nous fit la surprise de nous accompagner le lendemain sur l’étape de Donzy , c’est pourquoi, en référence à son auto mythique, nous l’avons alors surnommé Mustang.

 

Un autre grand moment de notre voyage fut notre visite aux enfants de l’école maternelle Bourgneuf de Vierzon. Ils nous attendent, à 15 heures précises, au moment de la récréation, assis en tailleur, sur le sol de la cour. Les maîtresses relayent les questions et les réponses : s’attachant à parler « enfant » afin que tous comprennent. Dans un coin, une maîtresse rassure une petite fille d’apparence fragile qui pleure de terreur en voyant Mario, mais tout s’arrange alors en chantant en cœur, accompagné par l’harmonica « Pirouette, cacahouète… » .

Lorsque nous avons quitté l’école, tous les  gosses ont scandé avec force et bonheur : MARIO, MARIO MARIO…

Donzy14 septembre 2014 Neully en sancerre (14)

Rien que pour cette séquence, aucun d’entre nous ne regrette d’avoir attendu dans la froidure du sous bois ! Le roi n’était pas notre cousin !

 

Le Jeudi 11 septembre, jour d’anniversaire de Lydia, nous avons rattrapé, grâce à la vélocité d’Elizabeth, un groupe d’enfants de l’école élémentaire de Thénioux qui s’en revient sur le bord du canal de Berry, d’une courte séance de sport. Avec la complicité de la chef des maîtresses, nous avons expliqué qui est Mario, raconté notre marche, et la maladie des enfants à ces petiots très étonnés de rencontrer une si grande bête sur le chemin de leur école.

Comme à chaque voyage avec Mario, les gosses sont nombreux à vouloir le caresser : il est comme un aimant qui attire et qui fascine les enfants, mais aussi les mamans, les papis, et tous ceux qui découvrent un instant cet animal unique qui n’est ni cheval ni âne. Souvent, à leur approche, je les entends se réciter :

-« Son père est un cheval, non, c’est sa mère qui est un âne… »

-« Non, tu te trompes, jte dis que c’est un âne ; un grand âne… »

-« En fait, (en fait, les gens, beaucoup de gens de nos jours disent « en fait », qu’ils prononcent « en faite ») son père est une mule, non, c’est sa mère qui est une mule… »

-« Non jte dis, il vient d’un âne et d’un cheval. »

 

Je dois leur dire alors la vérité, leur dire que contrairement à notre société, l’âne et le cheval ne peuvent pas avoir d’enfants, que le mulet est stérile, que ce n’est pas un zèbre dont les rayures ont déteint, que si la mère était une ânesse ce serait un Bardo, que la jument…et si…, et que…

 

Tout cela se reproduit plusieurs fois par jour dans toutes les randonnées que je fais avec Mario, et, patiemment, je réponds et explique ce qu’est un mulet ; cette race mulassière poitevine dont on ne compte guère aujourd’hui  qu’entre 20 et 30 naissances par an. Sur ce circuit, je puis compter sans démesure sur le concours expérimenté du muletier adjoint, et des aspirants muletiers qui m’ont accompagné pour me relayer dans les commentaires explicatifs.

 

Mais voici que malgré l’heure tardive, le coq se met à chanter ; je pense que c’est le signe de rompre cette charmante conversation et de continuer notre chemin.

Lycée horticole du haut Nivernais

Les ados sont eux aussi intéressés par cet animal ; de leur voix encore mal assurée, ils gouaillent de loin notre équipage. Pourtant, à l’occasion d’une visite matinale au lycée horticole du haut Nivernais, un groupe d’étudiants fut très intéressé par notre petite troupe et sa mascotte.

 

Beaucoup de questions posées par les unes et les autres appelèrent une discussion qui déboucha en fin de cette conférence improvisée autour de Mario et du cancer sur la proposition de la jeune Anaïs de bâtir un projet de fin d’année au profit de l’association « étoile de Martin ». 

 

Sacré Mario.

Sur les chemins nous conduisant à Donzy, Mario s’est fait remarqué bien malgré lui.

Un chemin mal aisé, pourvu de hautes herbes tantôt couchées, tantôt dressées, cachent des trous  malins et sournois sûrement dus aux passages par temps de pluie des engins agricoles, à moins que ce ne soient également des  trous réalisés par les sangliers cherchant leur pâture, ou des creux striés par le ravinement des fortes pluies passées.

 

Guillaume qui tient le mulet et le guide, vient à se tordre la cheville, le mulet l’a-t-il imité ? Un faux pas sur ce chemin vicieux ? Une charge mal positionnée engendrant une douleur qui le fait boiter, une fatigue particulière ? Une parole de travers à son endroit ? La forte chaleur de cette journée ? Le manque d’eau ? Que sais-je encore ? Est ce  là que le bât blesse ?

 

Toujours est-il que Mario ralenti son allure, il boite et il semble que l’antérieur droit soit douloureux, puisqu’il rechigne à le donner, allant même  à refuser que l’on touche son pied.

 

Malgré cela, il avance, mais notre allure est maintenant celle d’une procession, alors que nous sommes attendus dans peu de temps à la mairie de Donzy.

photos vézelay 116

Nos amis Monique et Daniel nous attendent au village et demain ils se mettront normalement en route avec nous jusqu’à Vézelay. Bernard les appelle au  téléphone pour leur dire de faire patienter nos hôtes qui nous attendent sur la place de la mairie, puis de venir  nous rejoindre illico avec leur voiture, afin de délester Mario d’une bonne partie de son chargement.

La très grosse chaleur de cette journée nous a épuisés, et le mulet a chaud.

 

Avec une demi-heure de retard, nous arrivons sur la place de la Mairie, encouragés par les nombreuses personnes présentes...Discours de bienvenue, photos des journalistes, et voilà que Rémy le véto équin, prévenu par l’adjointe au maire, arrive, se met en tenue, ausculte en public, et tâte le mulet qui se laisse faire. L’approche du vétérinaire est précise, ses gestes sont posés, et sa méthode d’investigation  est progressive. Le mulet se laisse faire.

 

C’est bien l’épaule qui est douloureuse, et le diagnostic n’est pas dramatique : une légère luxation qui nécessitera une journée ou deux de repos ; une petite manipulation, une intraveineuse, ainsi qu’un anti-inflammatoire matin et soir : et hop… Mario est mis au pré avec de l’herbe grasse comme ça, chez l’ami Roger, un agriculteur bien sympathique, et tout se termine autour du verre de l’amitié dans la salle des mariages. Rémy le vétérinaire, nous a offert la consultation compte-tenu de la raison de notre marche. Du coup, je lui ai chanté la chanson des vétos :

-« Mon père était vétérinaire, il soufflait dans l’derrière des chevaux…

Avec un p’tit tube en verre….. »

 

La municipalité de Donzy nous a offert la complète hospitalité pour nous six : le repas à la brasserie et le coucher à l’hôtel .De la grande classe !

Le lendemain, nous étions dès 9 heures devant la porte de l’école. Rémy le vétérinaire est présent ; consultation sur le trottoir : Mario va beaucoup mieux, mais nous suivrons le conseil de le laisser se reposer une journée. Dès lors, nous mettons en place le plan B :

1 : rencontrer les enfants de l’école.

2 : remettre Mario dans le pré de Roger.

3 : aller chercher  le van garé à Vézelay, avec l’auto de Daniel.

4 : emmener Mario cet après midi, dans le van jusqu’à notre prochaine étape : Varzy.

Voilà : ce qui fut dit, fut fait.

 

La première étape de ce plan fut enchanteresse, puisque nous avons rencontré les enfants classe par classe. Cette rencontre bien organisée par le directeur de l’école permet aux enfants, assis en demi-cercle autour de Mario, de poser toutes leurs questions préparées à l’avance avec les maîtresses. Avec un tempo bien réglé, toutes les classes se relayent ainsi sur la cour, pour finir par une photo de groupe en présence du mulet. Photo prise de loin pour respecter le droit à l’image !

Les autres étapes du plan B font partie du job d’appoint de cet épisode, et sont sans grand intérêt narratif.

Pourtant, entre ces allées et venues non décrites ici, nous avons eu, au beau milieu de cette journée de repos forcé, un bien agréable moment de grâce. Guillaume, notre jeune chef d’entreprise, nous convie à déjeuner au « Grand monarque » :  « crottin de Chavignol au miel, pommes et noix, en cigare de feuille de brick sur lit de salade - filet de bar juste saisi sans peau, sauce à l’orange vanillée et citron vert - mousse au chocolat aux éclats de croquet de Donzy. », de quoi nous faire espérer une autre journée de repos forcée ! Merci Guillaume pour cette halte  bénéfique, qui est en général absente des journées du randonneur, merci au chef de cette grande table qui a vu arriver six « mal vêtus » dans son établissement, merci aux élus de Donzy pour leur intérêt marqué par notre démarche.

 

Des gens.

Nous avons rencontré des gens bien sympathiques au cours de ce voyage.

A Chabris, petit village du nord de l’Indre, Bernard nous a choyé,  à tel point que le soir, il nous offrait l’apéritif, et nous donnait en prime de belles tomates de son jardin avec de la ciboulette. Le lendemain matin, il est venu nous apporter le café et les croissants. Super matin pour une journée longue sur le bord du canal.

DSC03085.jpgcanal de Berry

C’est justement sur celui-ci, non loin de Villefranche-sur-Cher que Maxo, très fier sur son 4x4 des champs, nous a stoppé pour le plaisir de bavarder avec nous, mais aussi pour nous faire le reproche de nous mettre au service du cancer, de cette « saleté de Crozemarie » qui s’en est mis plein les poches !

-« Tous des pourris, moi, je vous le dis, je ne donne pas à ces trucs, mais j’aime les bêtes, alors si votre mulet aime le foin, il peut en prendre dans ma benne… »

Devant un si fin procureur, nous avons préféré nous esquiver gentiment, pendant qu’il continuait à faire l’amalgame entre l’ancien patron de l’ARC, et notre démarche.

Mais ce raisonnement persiste encore bien souvent, et il n’est pas rare de l’entendre avec plus ou moins d’agressivité ici et là. C’est un peu comme si un ancien ministre du budget, pourfendeur de l’évasion fiscale, avait un compte en Suisse ! Cherchez l’erreur…

canal de Berrycanal de Berry

Ce canal de Berry, d’une longueur actuelle de 260 km, fût construit au début du 19e siècle, pour désenclaver les régions du centre de la Frunce (comme disent les journalistes parisiens de la radio et de la TV, lorsqu’ils évoquent la France). Il permettait, malgré sa petite taille, les liaisons entre Tours (via le Cher canalisé), Bourges, et Montluçon pour le transport du bois, du charbon ou du fer sur les « flûtes », ou les « berrichons » tractés par des chevaux, et surtout des mulets. Il a été utilisé jusqu’en 1945, mais il est jugé trop étroit pour être rentable, et il est vendu par l’Etat pour le franc symbolique aux communes riveraines.

canal de Berrycanal de Berry

A Châtillon sur Cher, nous sommes passés fièrement, comme nos ancêtres, sur le pont canal qui surplombe la Sauldre : Mario ne tractait aucun Berrichon, et se contentait de porter son bât, sans que celui-ci ne le blesse !

Nous avions obtenu l’autorisation exceptionnelle d’emprunter le chemin de halage, normalement  interdit aux chevaux, en raison paraît-il de la fragilité de ses berges.

Sur  ses bords, nous nous attendions à rencontrer moults pêcheurs. Il n’en fut rien : seulement un grand père et son beau fils, un peu avant Langon. Un important matériel est déployé sur la berge ou stocké, en attente, dans la camionnette Citroën garée sur le chemin. Manifestement, nous voyons bien que nous avons à faire là à des professionnels de la ligne. Alors qu’ils se déplacent pour nous laisser passer, Bernard s’adresse naturellement au vieux monsieur qui ne répond pas. Normal, il est sourd comme Saint René Goupil.

Le gendre nous dit :

-« Nous sommes présents depuis le matin, mais rien ne mord, et de toute façon, je ne suis pas pêcheur, je n’aime pas la pêche, seul mon beau-père est fanatique de ce sport, et je crois bien que ça va bientôt être l’heure de l’apéro, et que… »

 

A l’identique de Maxo, nous poursuivons notre marche. Plus loin, à l’entrée de Mennetou, nous avisons de l’autre côté du canal un petit bistro, qui nous tend les bras. Nous nous laissons embrasser de bon cœur en ayant pris soin de mettre Mario à l’ombre sous les arbres, après l’avoir déchargé.

 

Entre Clamecy et Vézelay, au moment de manger le midi, Bernard, par crainte de la pluie annoncée, a entreposé  le bât et tout le bazard dans le caquetoire de l’église de Chamoux, vestibule où les paroissiens se retrouvent pour bavarder à l’abri. Celui-ci, entièrement clos, servait à n’en point douter de refuge pour les pèlerins en route vers Compostelle. Car nous sommes bien sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, celui que l’on nomme : la voie Lemovicensis (elle passe par Limoges).

 

Non loin de là, Madame Yvette, tenant chambres d’hôtes, nous fait signe de venir en son jardin, pour nous installer autour de la table en profitant des chaises.

Fort loquace, elle nous raconte l’histoire de sa vie, de sa première rencontre avec son défunt mari, en nous donnant quelques croustillants détails des premières approches. Elle nous raconte aussi sa rencontre avec Jacques Brel lors du tournage de Mon oncle Benjamin. Elle nous montre la photo de l’artiste en compagnie du cheval qu’elle a prêtée pour le film. Elle est très fière de ce passé qu’elle évoque avec émotion, puis elle insiste pour nous faire visiter sa maison. Là, dans des pièces sombres nous entrons par la cuisine, jusque dans la salle à manger, où trônent de multiples souvenirs, des meubles coincés les uns aux autres, des tentures et tapis poussiéreux, des bibelots entreposés pêle-mêle ; mémoire de toute une vie.

Madame Yvette nous offre le café. Nous avons bien du mal à nous en détacher, tant elle nous suit, et se raconte pendant notre préparatif muletier ; enfin, nous la voyons s’éloigner au fur et à mesure que nous empruntons le chemin qui gravit la colline au dessus du village.

 

Quelle ne fut pas notre surprise d’apercevoir dans un village situé entre Sancerre et Donzy, perché sur la corniche d’un toit, une sorte de corbeau qui nous fixe en croassant. Nous nous arrêtons pour observer ce noir animal qui maintenant se met à tournoyer d’un perchoir à un autre, pour revenir se poser sur le portail de la maison, devant laquelle nous nous trouvons. Une dame d’un âge moyen en sort, et appelle l’oiseau qui, après quelques voltes, se pose sur son épaule. Bien sûr, nous parlons du mulet, puis de la raison de notre randonnée, pour finalement accepter -sur la proposition de Bernard le communiquant-, une tasse de café. L’autre Bernard, dit Mustang, qui est avec nous dans cette étape, n’en revient pas.

Grâce à la corneille apprivoisée qui est en fait un choucas, nous buvons un expresso, café des temps modernes dans la cuisine de Chantal.

Pendant que nous nous réconfortons, la maîtresse de maison nous raconte l’histoire du jeune choucas, abandonné par des gens du voyage, et qu’elle a adopté comme elle a adopté les chevaux qui sont dans le pré derrière chez elle. Chantal est un peu devin, et nous dit connaître l’avenir.

-« Seulement en ce qui concerne la mort prochaine des personnes qui me sont proches ».

Bien que n’étant pas intime, mais ne souhaitant pas être tout de suite sur la liste, j’opère une retraite délicate et définitive, en ralliant au plus vite mon sommier, ma bête de somme, qui attend sagement au coin du portail.

Nous nous séparons en nous faisant de grands gestes d’adieux.

Chantal est une personne à connaître !

 

Un peu plus tard, c’est vrai que j’ai eu vraiment peur, lorsque Bernard dit Mustang, vers la fin de l’étape, s’est transformé en momie de cire blanche, comme un cierge de Pâques. Le bougre s’était mis à l’ombre d’un petit bois, et soufflait de tout son corps, respirait comme un âne qui braie. Epuisé par la chaleur, il restait sans bouger, hébété, et je me disais que l’heure était grave : le choucas tournoyait peut-être autour de lui !

Heureusement, sur la petite route toute droite sur laquelle nous cheminions alors, une automobile se pointait à l’horizon. Energiquement, Bernard le communiquant vint à sa rencontre, en se postant au milieu de la chaussée, en  agitant fermement les bras pour obliger le véhicule à stopper. Le conducteur compréhensif accepta aussitôt (il n’avait guère le choix !) de transporter Mustang jusqu’à Donzy, où ce dernier put se rétablir en attendant son rapatriement vers son village d’origine.

12 septembre 2014 -!st Satur

A Saint Satur, Christian Gâs du pays Berrichon nous a offert l’hospitalité : le gîte et le couvert, et peut-être bien des vins les meilleurs. Toujours est-il que la fatigue, conjuguée au bonheur d’être arrivé à Saint Satur et d’avoir éprouvé tant de joie durant cette journée, grisé par la bonne ambiance qui règne dans la maisonnée, j’ai proposé pour faire le pitre, de retourner les assiettes que l’on lance en l’air d’une main au-dessus de la table. Mal m’en a pris. Ce soir là, j’ai raté mon coup, avec pour ustensile non pas une assiette banale de type Arcopal, que l’on trouvait dans les collectivités religieuses des années soixante, mais  une assiette au coq conquérant, un Gien des années d’après guerre, exécuté sur un modèle des années 34 .

Foutue, cassée, éclatée en cinq morceaux !

Grosse impression. Très grosse impression ! Silence impressionnant ! Les autres rient sous cape, ou jaune. Difficile de ne pas disparaître en dessous de la table !

Ariel, la maitresse de maison, a blanchi, Christian idem : pensez donc, un service de la grand-mère, de 1934 !

Je crois entendre un convive dire que c’est une façon d’user les assiettes !!!

Je prends des photos de l’objet, pour essayer de retrouver plus tard une assiette identique, et j’ai aujourd’hui bon espoir de réparer mon tour de clown à la noix.

Plus tard, Christian a sorti son vieux cognac, et avec Françoise, Bernard et Ariel, ils ont joué à « l’enculette » : un jeu de dès que je ne connais pas, mais qui a l’air passionnant.

Un peu piteux par rapport à l’envolée de l’assiette, je m’en suis allé vers ma nuit réparatrice.

Nous nous souviendrons longtemps qu’Ariel et Christian nous ont reçus en amis de longue date !

Sancerreen chemin

Du bon accueil de nos hôtes.

Grâce à une active  campagne de communication menée avec persévérance, les médias régionaux ont bien relayé l’information de notre passage, et le message que nous portons.

Tout a commencé  dans les jardins de la Mairie de Saint Aignan, devant une soixantaine de personnes. A l’initiative du maire, une belle réception en plein air est organisée. On ressent beaucoup d’émotion dans l’assistance quand Elizabeth, la représentante régionale de l’Etoile de Martin, prend la parole. Mario, affublé de son bonnet de mulet, est bien sûr la vedette de cette fête, et chacun se prête volontiers à la photo en sa compagnie.

27.St-Aignan--VEZELAY27.St-Aignan--VEZELAY

Dans la région de Saint-Aignan, Mario le Mulet commence à faire parler de lui, et il n’est pas rare lorsque les touristes l’aperçoivent dans son pré, en amont du parc de Beauval, qu’ils pensent que c’est un émissaire du Zoo. En effet, c’est un animal rare, qui de surcroît sillonne la Frunce (voir plus haut), sur 2000 km chaque année. Tout ça pour dire qu’il devient au cours des ans, une star reconnue.

 

C’est à Châtre- sur- Cher,  près de la salle des fêtes, que Michel  nous attend, en compagnie de la journaliste de la Nouvelle République. Michel est un homme de cheval, et représente la municipalité. Il est très attentif à notre confort, et à celui du mulet. Après avoir trinqué à la réussite de notre marche, il nous aide à confectionner le paddock, et distribue une brassée de foin à Mario qui en fait fi.

Michel nous a reçus comme des  amis de longue date.

 

Nous, les trois marcheurs, nous couchons dans la salle des fêtes réquisitionnée pour l’occasion par la Mairie, pour notre nuitée. Notre grande chambre cette nuit là ne dégagea point de buée, tant ses 250 m2 surent absorber  notre hypothétique  transpiration. Notre sommeil fut serein et bénéfique, et le lendemain nous étions en pleine forme lorsque Bernard et moi avons improvisé la danse des pyjamas sur un air d’harmonica. Plus tard, Elizabeth et Françoise nous rejoignent  pour nous accompagner jusqu’à Vierzon.

 

C’est sur ce dernier tronçon que Yolande doit déclarer forfait en raison d’une douloureuse tendinite ; elle suivra néanmoins notre « épopée » sur la totalité du parcours, grâce à la magie des véhicules de ressources empruntés aux « bénévoles-suiveurs ».

12 septembre 2014 Mario et Françoise12 septembre 2014 (5)

Vierzon. C’est dans cette ville, où nous sommes attendus par la municipalité à la grande  foire commerciale. Après le vin d’honneur de bienvenue, Mario, encadré comme toujours de ses deux calicots à l’enseigne de l’Etoile de Martin, et de la lutte contre le cancer des enfants, a déambulé dans les allées de la foire, en s’arrêtant souvent pour permettre aux muletiers d’expliquer ce qu’est un mulet, sans oublier d’évoquer le message d’espoir que nous véhiculons avec lui.

 

Pour son anniversaire, Elizabeth nous offre le champagne : nous sommes là, debout au milieu de la foule à lui souhaiter plein de bonnes choses.

Comme convenu, Jean Luc nous rejoint vers les coups de 17 heures, puis nous traversons Vierzon en direction des bouleaux. En chemin, nous discutons avec quelques ivrognes, puis avec une vieille connaissance rencontrée dans les différentes randonnées du Berry « sur les pas des maîtres sonneurs ». Troublés par ces rencontres, nous  bifurquons sans le vouloir vers le nord-ouest, allongeant ainsi notre course d’environ 6 km. Arrivés à bon port avec 1 heure 30 de retard, nous avons laissé Mario dans un box hyper spacieux, avec du foin abondant.

 

Puis Jean-Luc nous conduit dans sa maison où une surprise nous attend.

Il a invité quelques amis pour partager la soirée avec nous. Les apéros sont de la fête, et le filet de cerf est largement arrosé des meilleurs crus de Vacqueyras. A ce moment, je crains le pire pour le lendemain, et il nous faut être raisonnable pour éviter le pet au casque, préjudiciable à une marche équilibrée.

Ce fut une inoubliable soirée, emprunte de sympathie et d’amitié.

Jean Luc nous a reçus comme des amis de longue date.

 

Nous avons traversé la Sologne et ses belles forêts, pour arriver après une longue marche, à Mery-es-Bois. Une fois encore, la magie a opéré dans ce village : une nombreuse troupe nous attend, et Jean Claude, notre hôte du soir, maître de cérémonie émérite, fait dresser la salle des fêtes avec tables et chaises, pour que nous puissions nous installer pour une conférence improvisée.

Cette rencontre avec la population du village, les corps constitués, les diverses associations, fut d’une richesse inouïe. Plus tard, sans grand protocole, mais avec beaucoup d’amitié, la remise des chèques de soutien se tint avec l’émotion que vous imaginez.

Le gite de Jean ClaudeLe gite de Jean Claude

Puis Jean Claude nous a reçus dans sa maison d’hôtes, fourmillant d’objets étonnants et hétéroclites. Ainsi, je couche dans la chambre africaine entouré du gros tigre en peluche et d’autres animaux, et décors des savanes. Dans les wc, trône une extraordinaire collection de voitures publicitaires miniatures. La salle de bain est dédiée aux pompiers, tout est rouge. Oui, tout.

La totalité de la maison accueille des collections et des objets souvenirs, dont seul le maître de maison peut nous donner les clés.

Dehors, des animaux d’une grande variété, déambulent dans les parcs : il y a des animaux domestiques et exotiques tels des lamas, des vigognes, des kangourous…

Après la découverte de cette demeure insolite, un copieux repas nous est servi dans des plats  en provenance du village Berrichon de la Borne, bien connu pour ses poteries et ses céramiques.

 

Ce soir, Inutile d’aller saluer Mario : son paddock est appétant et sécurisé, et de toute façon le sommeil nous gagne. Nous sommes tous bien  fatigués.

Jean Claude nous a reçus comme des amis de longue date.

 

Le lendemain, malgré le long chemin qui nous attend, nous manquons tous de vivacité. C’est en traînant que je vais chercher Mario dans son paddock alors qu’il est presque 9 heures, et que nous attendons l’arrivée imminente d’Elizabeth, Françoise, Christian et Ariel, qui doivent se joindre à nous pour cette étape.

Bigre de Bigre ! L’enclos est vide, Mario a disparu.

Au loin, j’aperçois un kangourou qui sautille dans le jardin potager du voisin, qui gesticule en essayant de saisir l’animal. Ce dernier, très agile, s’échappe en sautant de plus en plus haut. Le voisin me demande d’avertir le propriétaire du kangourou, car il craint certainement  pour la survie de ses légumes et de ses fruits.

Mais où est donc passé Mario ? Je suis à peu près certain que c’est ce super kangourou qui a effrayé le mulet ! Laissons-là pour l’instant mes supputations, et cherchons vite l’olibrius.

Au même moment, un homme du village arrive en voiture. Je l’informe de la disparation du mulet, et je lui demande alors s’il connaît un endroit où il y a des chevaux par ici, ou mieux si il y a des ânes par là.

-« Des ânes ? Oui, il y en a un peu plus loin, à la fin du village ».

Il me conduit  au lieu-dit, et effectivement il y a bien deux ânes et un cheval qui regardent tous en direction du bois, mais point de Mario.

Pourtant, à mieux y regarder, dans la pénombre du sous bois, une masse sombre immobile, fixe les ânesses.

-« C’est lui, c’est lui, il est là, dans les buissons ; là vous le  voyez ? Avec ses grandes oreilles ! »

Ouf ! Plus de peur que de mal. Doucement, je vais au fond du pré, franchis les clôtures et l’appelle, vais vers lui, il vient vers moi, et je clique la longe sur le licol. « Clac ».

C’est terminé. Je rejoins maintenant la maison de Jean Claude, où l’effervescence retombe à notre arrivée.

Plus tard, j’ai imaginé la frayeur du mulet face au kangourou sauteur, et j’ai pensé à Monsieur de La Fontaine, qui aurait pu écrire une nouvelle fable du mulet et du Kangourou.

Je vous laisse imaginer la morale !

 

Depuis longtemps, je souhaitais connaître la ville d’Henrichemont : construite par Sully pour son bon roi Henri. Ce n’est ni plus ni moins l’anagramme de Mon Cher Henri.

La ville est construite en forme de rose des vents, sur une hauteur. Notre interminable approche depuis Les Thébaults fut éprouvante, sous la chaleur. La grande ligne droite aboutit à la place centrale, où nous attendent, posés sur un plateau, 3 demis bien frais, apportés là par Yolande et Christian. Cette belle surprise nous ravit .En compagnie d’Ariel et de Bernard, je déguste avec délectation ce verre de bière, sous le regard envieux de Mario.

D’emblée, le contact avec les patrons de « La poule au pot » s’établit : Mario les séduit telle une divinité. Des offrandes lui sont offertes, on lui apporte carottes, eau fraiche, pommes, et autres friandises, à tel point qu’il dédaigne les épluchures. Cet élan de sympathie devient vite communicatif, et la tirelire se gonfle vite de monnaie et de billets. Le café nous est offert, et comme ça ne suffit pas, la patronne glisse dans  les sacoches 2 bouteilles de Menetou-salon.

Encore une fois, nous avons été reçus comme des amis de longue date.

 

Sur la route de Chavignol, un de nos accompagnateurs a reconnu la maison d’une connaissance.

-« Tiens, mais c’est là qu’habite Monsieur Machin ! »

On sonne à la porte, et après une brève discussion, nous sommes invités, sur la proposition de Bernard le communiquant, à boire une tasse de café. Une fois encore, la tirelire se gonfle.

Non loin de là, nous faisons halte pour le casse croûte du midi chez Yvan, animateur de  Loire Nature et Découverte. Le repas champêtre est préparé par Christian.

Sans perdre de temps, nous reprenons notre chemin car nous sommes attendus à 15 heures à Chavignol, la capitale Mondiale du crottin. Sur la petite place du village, nous attendent Raymond, des vignerons, et des sympathisants. Nous recevons de la part de l’union et du syndicat viticole de Sancerre, de Chavignol-toujours, de multiples cartons de vin, fruit d’une collecte des vignerons de Sancerre au profit de la lutte contre le cancer de l’enfant. Le produit de la vente de ces bouteilles sera entièrement reversé à l’association Etoile de Martin.

 

Bien que ne connaissant pas à ce jour la totalité des retombées financières de notre action, on peut estimer à 6000 euros le montant des sommes récoltées en chemin. Cela nous donne du baume au cœur, et nous encourage à poursuivre nos marches de l’espoir.

 

Merci à tous ceux qui nous ont soutenus dans cette opération.

 

Merci à l’aubergiste de « la Coquelle » de Langon qui, non contente de nous offrir le café, fit gonfler la tirelire. Que dire de ce couple d’australiens, qui, au détour d’un chemin caillouteux, nous a entrepris en nous faisant rêver à ces grandes étendues et à leurs innombrable hardes de marsupiaux (Mario s’en souvient). Eux aussi, ont contribué au gonflement de la tirelire.

restaurant La coquelle

Plus loin, alors que nous rejoignons le mobil-home que la ville de Clamecy a mis à notre disposition au camping municipal, nous empruntons une fine bande de terre entre l’Yonne et  le canal du Nivernais. A cette heures propice à l’apéritif, nombreux sont les bateaux de plaisance garés le long des berges : tous ou presque sont occupés par des touristes étrangers, pour la plupart américains.

A notre vue, et surtout à celle de Mario, ils sortent de leur léthargie, et nous font des grands signes d’amitié, se penchent sur les bastingages, au risque de tomber à l’eau, nous saluent avec beaucoup de gentillesse, veulent savoir pourquoi nous sommes là avec pareil équipage. Guillaume, notre chef d’entreprise bilingue se produit à merveille dans le rôle de Monsieur Loyal, à tel point que les dollars passent de mains en mains pour venir, (vous le savez maintenant) gonfler une tirelire d’euros.

On ne s’attendait vraiment pas à un tel engouement de la part de marins d’eau douce d’occasion, mais c’est vrai que nous y avons pris du plaisir, et eux ont vu là un spectacle de choix  donné à l’heure de l’apéro !

en chemin27.St-Aignan--VEZELAYle journal du sancerrois12 septembre 2014 Mario et les enfants

Beaucoup d’anecdotes seraient encore à raconter tant elles sont nombreuses sur le chemin. Je pourrais largement vous faire partager mes réflexions sur les paysages rencontrés, sur l’état de nos campagnes, sur la désertification galopante, sur l’architecture de nos villages, sur les musiques du vent et les caresses des différentes températures, sur l’atmosphère des rencontres. Je pourrais vous faire voyager dans mes pensées de pèlerin, mais tout comme moi vous savez, à l’exemple de l’ecclésiaste, il y a un temps pour toute chose.

Selles sur cher

Il est donc temps pour moi de penser aux randonnées futures, en remerciant tous ceux qui se sont souciés de nous au cours de voyage : oui, ce fut un beau voyage.

 

                                                                                                          Jean, le 15 octobre 2014.

Saint aignan -Veselay

                                   

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article