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Publié par randomulet

 

PRÉAMBULE.

 

Les mules et les mulets produits en grand nombre dans les Deux -Sèvres entre la fin du 18°siècle et le milieu du 20°siècle sont destinés pour une grande partie à l'usage des armées, mais aussi vendus vers l'Italie (pour ce qui nous occupe aujourd'hui dans ce récit).

Les trains de mulets traversaient donc la France d'Ouest en Est. En Isère et en Drôme, l'itinéraire passait par Roybon, se poursuivait vers Saint-Antoine-l’abbaye, Saint Jean en Royans, Beaufort-sur- Gervanne (pour éviter le plateau), Die, Châtillon- en- Diois, Lus- la- Croix haute, Gap.

Mulet de choix dans le Vercors

Ce voyage de 9 jours dont le kilométrage total avoisine l70 km avec un dénivelé positif de 5253m (calcul par GPS) se déroule en juin 2020, juste après la période de confinement déterminée par la pandémie du corona virus. (Pour des raisons précisées dans le dernier chapitre la reconnaissance du parcours s'est quasiment terminée au col de Mensac situé 500 mètres avant Ravel: N44''40003, E005''31464)

Tout a vraiment commencé par un exercice logistique fastidieux et oh combien coûteux mais nécessaire à la bonne réussite de ce projet: il est en effet important lorsqu'un voyage est linéaire (au contraire du circulaire ou de la randonnée en étoile) de covoiturer le mulet jusqu'au départ de la randonnée (Roybon) et de l'y laisser, puis de transporter le van porteur jusqu'au point d'arrivée, c'est à dire Lus-la-Crois-Haute. C'est ainsi que, parti de bon matin depuis le pré de Bas fer dans le Loir-et-Cher, j'ai fait halte chez mon ami Xavier à Clermont-Ferrand en récupérant par la même occasion le neveu Benoît, compagnon de voyage durant ce parcours: Bonne étape, bon gîte, bonne table et retrouvailles chez mon ancien stagiaire en charge de la DRH au CHU.

Les surprises ne sont pas toujours absentes des événements, et viennent souvent égayer l'organisation: c'est ainsi qu'en arrivant à Lus-la Croix-Haute, le combi conduit par une main de maître par Benoît figure une vrai panne en s’immobilisant: l'odeur âcre se dégageant du moteur pour se répandre dans l’habitacle nous indique clairement l'origine du déboire. C'est l’embrayage, je vous le dis!

 

Dès lors, s’enchaînent le contact avec l'assurance, le remorquage, la recherche du garage, la rencontre prévue avec Chantal, son covoiturage vers St-Martin-le-Vinoux où nous attend Fabrice. La soirée fût enchanteresse et la nuit davantage.

De bon matin nous sommes à nouveau covoiturés par Patrice cet amoureux de la petite reine et inconditionnel de talent du piano Jazz, jusque à Roybon chez Magali.

 

UN PREMIER JOUR.

 

https://www.openrunner.com/r/11367187

(itinéraire Roybon/St Laurent)

Délicieusement accueillis par Magali, nous aurions pu rester longtemps à flâner en cet endroit de quiétude. Avant même de « s'occuper » de Mario, le café nous est offert. Le club ''les poneys de Magali’ ‘situé à environ 30 minutes à pied à l'est de Roybon constitue une halte idéale pour le roulier de la route des mulets. Il y a de quoi pâturer, bivouaquer et pourquoi pas dormir dans la caravane! Magali se propose donc d'être un relais utile sur cette route mythique. Suivant le cas, on peut également préférer le camping municipal ou tout simplement planter la tente et la clôture du mulet au bord du lac.

Mario le mulet dans les chambarans
Prêt pour le départ.

Le bâtage du premier jour est à installer avec douceur et précaution, afin de mettre Mario en confiance, s’assurer du poids des caisses et des sacs afin d'en faire un bon équilibrage et un paquetage harmonieux confortable pour le mulet et pas trop volumineux afin que les gens sensibles à la cause animale ne viennent m'interpeller avec véhémence et parfois avec agressivité sur le mauvais sort que je réserve à mon pauvre animal de compagnie. Je dis, animal de compagnie en rapport avec l'autorisation de déplacement que je devais remplir lors de la dernière période ''confinatoire''pour rendre visite au mulet. Je me souviens que ce sésame associait dans un même élan les promenades; le mulet Mario et les toutous citadins désireux comme souvent leur maître de faire pipi contre un arbre. Mario bien que ne pissant pas contre les arbres était pourtant considéré dans cette page d’histoire comme animal de compagnie, sauf qu'il ne couche pas au pied de mon lit! En tout cas, pas encore!

Bref, il faut que le bât soit bien équilibré, sinon nous constaterions très vite que « le bât blesse».

En mi- route mi- chemin Roybon nous accueille avec sur la grand place du village une réplique de 3 mètres de haut de la statue de la liberté.

Mario le mulet à Roybon
En haut, la liberté.

Cette statue fut offerte par Auguste Bartholdi en personne à Mathias Saint Romme grand personnage de la seconde république en Isère. Ici les gens sont très fiers de ce monument.

 

La ZAD.

En nous arrêtant sous la statue afin de sensibiliser les habitants à notre démarche mais aussi pour acheter deux chocolatines, je me suis renseigné sur le chemin menant à la première étape.

«Vous ne pouvez pas suivre cet itinéraire-là, il traverse la ZAD. Ils ont installé des embûches, vous ne pourrez pas passer et il y a des clous et des planches pointées, non, c'est trop dangereux et de toutes façons ils ne vous laisseront pas passer». Après ces encouragements et ne souhaitant pas que le mulet se blesse les soles, nous avons pris un autre chemin nous menant vers l'abbaye Notre Dame de Chambarand. Ce monastère fût fondé en 1868 par des moines Cisterciens réformés, dits trappistes. Prière, travaux des champs, défrichage, silence, austérité, vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance régissent la vie de ces religieux qui vont se spécialiser dans la fabrication de la bière. Cette importante activité génère l'établissement d'une ligne de tramway et d'une gare à proximité du monastère. Après1931 c'était des moniales cisterciennes qui occupaient les lieux en centrant leur activité sur la fabrication du fromage. Aujourd'hui une communauté de Bernardines leur succède.

L'installation d'un centre de loisirs est également prévu sur le plateau de Chambarand* à proximité de Roybon, mais le projet entraîne polémique entretenue par les défenseurs de la nature et des militants écologistes qui veulent préserver cette zone encore très rurale et peu peuplée.

*Chambaran peut aussi s'écrire avec un T, un D ou un S.

Il était une fois une forêt. Elle s’appelait la forêt des Chambarans. Pour se moquer de la forêt des Chambarans et trouver une excuse pour faire du mal à ses arbres, à ses animaux et à ses sources, un petit groupe d’Humain ne pensant qu’à l’argent l’appelaient la forêt des «champ bon à rien »

Un jour, ce petit groupe d’Humain décida de couper ses arbres, de bétonner ses sources, et de chasser les animaux qui y habitaient depuis toujours… Alors, un groupe d’hommes et de femmes se demandèrent comment on pouvait préférer l’argent à une forêt et ses habitants…

Comme ils voulaient protéger cette nature et crier à ceux qui voulaient faire du mal à la forêt des Chambarans qu’on peut vivre heureux sans détruire, ces hommes et ces femmes décidèrent de vivre ensemble au milieu des bois et d’y construire une Zone d’Autonomie Définitive…

On appelait cet endroit «la ZAD aux Bois Vivants»!! ‘‘Tiré des lutins et mutines de la Forêt...

        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)

C'est le jeudi 9 juillet 2020, 11 ans après la naissance du projet de Center Parc par le groupe Pierre et Vacances que j'ai appris son abandon. Grande Déception ou Grand Soulagement? Maintenant, c'est un autre chantier qui commence...

 

Les CHAMBARANS.

 

La région de Chambarand c'est aussi et surtout la culture des noyers en grand nombre! Des prés ceints de vieilles haies, de grands arbres, des bosquets, des vergers et des maisons traditionnelles de pisé très dispersées caractérisent ces lieux et au détour d’un virage, de très jolies vues sur le Vercors ou sur la Chartreuse flattent notre vision. Sur le plateau, à quelque 600 mètres d’altitude, changement de décor: la forêt domaniale de Chambaran couvre les terres et ferme l’horizon.

C’est un paysage à échelle humaine, où tout reste en proportion et en harmonie avec son environnement. La qualité de ses paysages, l’habitat traditionnel, font de ce « territoire » (dixit le premier ministre du moment) un lieu où il fait bon vivre loin des foules avides de mesquines sensations néo-rurales transmises par nos télévisions en goguette.

 

LA RENCONTRE.

Non loin de la chapelle Saint Jean de Fromental

nous croisons un couple qui se dégourdit les jambes après le déjeuner. «Eh bonjour! Vous allez loin comme ça?» «Non, nous allons nous arrêter dans peu de temps pour bivouaquer près de Saint-Antoine-l'abbaye, plus exactement à l'étape/bivouac ''relais cyné''».

Cette halte qui se situe route des Contamines est une cabane en planches et tôles mise gracieusement à la disposition des pèlerins ou des randonneurs par un partenariat regroupant Isère cheval vert, la fédération de chasse de l'Isère, la fédération de randonnée de l'Isère. Une trentaine de relais plus ou moins équipés (plutôt plus!) sont ainsi à la disposition des marcheurs, chasseurs, cavaliers sur le département de l’Isère. (Pour plus d'infos voir relais cyné/cheval vert-sur internet).

Eh bien, Dominique et Michel, ce sont eux, nous ont spontanément proposé de nous offrir l'hospitalité dans leur maison déconfinée sur les hauteurs de St Antoine. «Venez donc, c'est à un quart d’heure à peine, il y a de quoi installer votre mulet et pour vous un bon gîte et le couvert». «Grand merci de votre proposition, mais nous sommes gênés, on ne veut pas vous déranger, et bla bla bla...» Après quelques échanges de gracieusetés confuses j'acceptais cette proposition de bon aloi. «Eh bien, je ne dis pas non et merci et merci et merci...». C'est ainsi que Michel, féru d’histoire nous renseigna par le menu sur l'épopée des Antonins, sur l’architecture des maisons mais aussi de la Chapelle Saint Jean, sur la nature du sol de ce coin de l'Isère.

En effet les nombreux cailloutis sur lesquels trébuche parfois le mulet sont les témoins indiscutables de l’existence de très anciens glaciers. Les nombreux galets mêlés au pisé des maisons de pays, alors que nous sommes loin de rivières ou de gaves, sont également la trace d'une glaciation très ancienne. Durant cette première étape les chemins sont agréables, entretenus et ne présentent aucune difficulté.

L'accueil fût royal et je notais alors dans ma prose quotidienne du soir «Ce soir, le roi n'est pas mon cousin!» expression souvent entendue dans mon enfance lorsque une bonne aventure se présentait dans l'us et l'habitude de la vie journalière. Cela vous en conviendrez est bien différent de l'expression «heureux comme un pape»: je vous laisse méditer tel un poisson ...sur ces rêves-là! Après une longue marche sous un chaud soleil, à monter et descendre les vallons, à nous battre contre les taons, j'ai apprécié la douche, l'apéro, et le dîner préparé avec amour par Dominique sans compter sur la douceur et la longueur du lit. Je souhaite à tous les voyageurs au long cours en marche avec un mulet de pouvoir être cajolés de la sorte!

apercevoir l'abbaye...

 

SAINT ANTOINE L'ABBAYE.

Apercevoir du haut de la colline le village de Saint Antoine est un ravissement tant pour l’œil que pour l'esprit et j'ai eu envie de crier « Montjoie » tellement la vue est splendide.

Le village est classé parmi les «plus beaux villages de France» : ruelles étroites, maisons à colombage, goulets, façades avec décors sculptés, fenêtres à meneaux...

        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)

LES ANTONINS .

 

Dans son histoire des Antonins, Michel Besson nous dit qu'en 1070, Jocelyn, seigneur du Bas-Dauphiné ramène de Constantinople des reliques de Saint Antoine l’Ermite, dit l'égyptien. Il les dépose dans la chapelle d'un petit prieuré bénédictin installé dans le futur village de St Antoine. L’histoire de cette véritable multinationale n’a laissé que peu de traces et souvenirs.


Seuls quelques historiens allemands, hollandais ou italiens, étonnés de constater la présence chez eux d’hôpitaux dauphinois, se sont intéressés à l’histoire des Antonins.

 

A la fin du XIe siècle, un mal mystérieux apparaît dans toute l’Europe, et en particulier en Dauphiné.

  • Les malades ont l’impression de brûler de l’intérieur.

  • Leurs membres noircissent et pourrissent.

  • Ils sont souvent pris d’hallucinations.

Ce n’est ni la Lèpre, ni la Peste. (Et encore moins le Corona virus)

A cette époque où la religion chrétienne structure toute la vie du monde occidental, chacun considère que ce mal inconnu ne peut être que la Justice de Dieu qui punit ainsi ceux qui ont démérité, alors et surtout que cette maladie affecte toutes les classes sociales.
Elle est appelée Feu Sacré, Ardeur mortelle ou Mal des Ardents.

Pour tenter de guérir, les malades se tournent vers les Reliques des Saints.

On se dépêche, on se presse autour des reliques du Saint, et …. On constate de nombreuses guérisons !

 

 

Cette nouvelle se répand rapidement dans toute la chrétienté, grâce en particulier aux pèlerins de St Jacques de Compostelle dont un chemin (secondaire venant de Genève) passe encore de nos jours, à proximité du bourg de St Antoine.

 

 Mais comment loger, nourrir, accueillir tant de malades?
 

Les habitants de Saint Antoine s’organisent et font face aux difficiles mais si fructueux problèmes d’intendance (airbnb d'aujourd'hui?). Un petit groupe d’une dizaine d’hommes et de femmes qu’on appellera «Les Antonins», créent une Fraternité laïque pour le soin des pèlerins et construisent un premier hôpital, «la maison de l’aumône», où non seulement les malades mais aussi les pèlerins pauvres peuvent trouver soin, hébergement et nourriture. La jeune communauté laïque se développe rapidement et œuvre pour la construction d’un nouvel hôpital spécial appelé l’Hôpital des démembrés.

 

L’efficacité des soins y est telle que plusieurs villes voisines s’intéressent aux méthodes de travail et au traitement des malades et sollicitent des Antonins, conseils et aide pour fonder ou réformer leurs hôpitaux. Ainsi en 1123, les Antonins sont appelés à Gap, Besançon et Chambéry pour y créer les mêmes structures d’accueil et de soins. Puis la communauté des Antonins essaime, en France bien sûr, mais aussi en Italie à Ranverso près de Turin, Modène, Naples, en Allemagne à Grünberg, Memmingen et Fribourg, à Dravec en Hongrie, en Espagne, en Écosse et à St Jean d’Acre en Terre Sainte.

La plupart des Rois, Seigneurs, Évêques et Abbés font appel à eux.

Les hôpitaux de Rome étant mal gérés, le pape Nicolas IV fit appel, en 1289, aux Antonins. Ces derniers y appliquèrent leurs méthodes modernes de soins, et l’hôpital principal de Rome prit le nom de ‘Saint Antoine de Urbe’.

 

 

 

En 1500, ce sont plus de 400 établissements: (commanderies, prieurés, hôpitaux, maisons de quête), qui sont répertoriés et rattachés aux ANTONINS.
 

Il n’y a pas une ville importante en Europe qui ne possède un hôpital, une rue, un quartier dénommé ‘Saint-Antoine’.
 

Le Mal des Ardents, on le sait maintenant depuis le XVIe siècle, est un empoisonnement du sang dû à un champignon, l’ergot, qui se développe tout particulièrement dans l’enveloppe du grain de seigle. L’ergot contient des composés toxiques dont l'effet physiologique est de provoquer la contraction des muscles et la constriction des vaisseaux sanguins.

En période normale, les meuniers veillaient à ne moudre que le grain lui-même.

Mais en périodes de famine, ce qui fut le cas au XIe siècle, les céréales - seigle ou blé - étaient mal triées et les meuniers, pour obtenir davantage de farine, n’enlevaient pas l’enveloppe du grain, là où justement l’ergot toxique se développait. (Là, je ne peux m’empêcher de penser à nos actuels Thénardier!). Et si l’année avait été particulièrement humide, les risques de maladie étaient alors multipliés, car c’était un terreau parfait pour la formation du champignon.

Cette farine servait à faire le pain, de fait empoisonné, que tous mangeaient.
Chacun pouvait donc développer ce mal.

Or lorsque les malades et pèlerins arrivent à St Antoine, les Antonins leurs donnent à manger du ‘bon pain’ de blé, non contaminé par l’ergot, car récolté et moulu dans des conditions normales, ainsi que de la viande de porc et ils leurs donnent à boire du SAINT VINAGE (vin mélangé à des herbes médicinales et béni lors de la procession annuelle de l’Ascension).

 

L’empoisonnement cesse, la nourriture saine et les herbes médicinales font le reste, et beaucoup guérissent.

Ceux qui ont des membres atteints de gangrène sont amputés.

Les «médecins» ne peuvent s’en charger, car la religion chrétienne leurs interdisait d’ouvrir le corps humain, œuvre de Dieu.

les barbiers

Les Antonins, font donc appel aux barbiers du bourg de St Antoine, qui disposent des instruments tranchants et de l’habileté nécessaires. Ces barbiers, devenus ‘chirurgiens’, qui contrairement aux médecins, ne parlent pas latin, mais la langue du peuple, vont rapidement acquérir une grande notoriété dans toute l’Europe.

Ils amputent correctement.

Le mal des Ardents touchant ceux qui avaient démérité, les quêteurs de St Antoine vont user et abuser de la vente des indulgences, auprès des malades pour que leur purgatoire soit le moins long possible.

Les quêteurs n’hésitent pas à menacer ceux qui s’abstiendraient, malades ou bien portants, de la ‘Vengeance de Saint Antoine’ (nom qui sera d’ailleurs donné à cette maladie à partir du 12è siècle!).

Mais aux raisons politiques de la décadence des Antonins, s’ajoutent celles des progrès de l’hygiène. Les Antonins ne sont plus aussi indispensables depuis qu’en 1596 les allemands ont découvert la toxicité de l’ergot du seigle.

Enfin les rivalités internes et le manque total de vraie spiritualité accélèrent encore le dépérissement de cet empire religieux;

En 1777, l’Ordre est confié aux Hospitaliers de Malte, mais sans succès.

A la Révolution, les bâtiments sont vendus au titre des biens nationaux et ce n’est qu’en 1840, que Prosper Mérimée redécouvre le site et le fait classer Monument Historique.

Le déclin des Antonins fut aussi rapide que leur ascension.

  • Aucun de leurs Abbés n’a laissé son nom dans l’histoire.

  • L’essentiel de leurs richesses a été dispersé.

  • Leurs archives ont quasiment disparu

Extrait tiré de -Histoire des Antonins- de Michel Besson, déc 2006.

Pour plus d'info :http://www.mbconseil.pro/2019/04/les-antonins-un-ordre-hospitalier-meconnu.html

 

VERS ST-NAZAIRE-EN-ROYANS

 

Le début de cette journée s'est inscrit sous le signe de la bonne humeur. C'est vrai que Dominique notre hôte de la veille a bien fait les choses. C'est vrai aussi que sans pour cela vivre des mœurs érémitiques, à l’inverse des bons frères Antonins, une certaine douceur de l'esprit loin des vicissitudes de nos concitoyens moyens venait en ce matin radieux participer un peu à la composition de l'âme. Le corps lui, ressent les petites douleurs qui nous rappellent que nous sommes bien des humains.

Au début de notre marche en suivant le G.R (sentier de grande randonnée) jusqu'à St-Bonnet-de-Chavagne nous sommes revenus au sein du village pour revoir cette belle architecture mais aussi pour rendre visite à la boulangère et à ses chocolatines! De grands parkings plus ou moins ombragés peuvent accueillir les véhicules des touristes mais aussi les cavaliers grâce à la présence de barres d'attache.

Il a fait chaud durant ce voyage muletier et aujourd’hui plus qu'hier et moins que demain, aussi pour nous sustenter sur le coup des 13 heures nous avons apprécié l'ombrage du paulownia sur la terrasse du bistrot de Saint-Bonnet. La frugalité de notre mangeaille fût largement compensée par le confort de nos tables et chaises oranges en plastique...!

 

Un long chemin de 26 km nous a conduit sur les rives de l'Isère au camping municipal ''les bouveries''. Mario eut tout le loisir de se rouler et de brouter tranquillement. Pour nous, pizzas et rosé, montage de tentes et tout le tintouin. Après avoir admiré le grand viaduc, fait provision de boissons et d'en cas au Vival du coin, nous plongeons dans le sommeil sans avoir vu les étoiles: le soleil s'affichant encore en cette vielle du jour le plus long de l'année!

 

 

JUSQU’À SAINT-LAURENT-EN-ROYANS.

 

Il faisait déjà chaud et la rosée déposée sur nos tentes mit peu de temps à s'estomper. Puis vint le rituel du matin qui nous a accompagné durant tout ce voyage: toilette, Téo, petit déjeuner, pliage des tentes, du duvet, sac à viande, matelas, affaire de nuit, rangement des sac et pesage du barda, pansage du mulet, vérification des pieds et des fers, ramassage du crottin, bâtage en vérifiant l'équilibrage des poids...Tout cela prend entre une et deux heures, pour un départ en général vers 9h .

 

Aujourd'hui le temps s'annonce très chaud et nous quittons le camping pour rejoindre

Saint-Laurent-en-Royans où nous attend Thérèse. Il s’agit d'un petit détour pour aller saluer une vieille connaissance dont le père était vigneron dans le village de Bourré, localité bien connue grâce à l'extraction de la pierre de Tuffeau utilisée pour les constructions des maisons, surtout des châteaux et autres belles demeures du Val de Cher et de la ''Loire Valley''.

Rencontré un jour par hasard sur le chemin de halage, Guy s'était intéressé à mon équipage et nous étions malgré notre différence d'âge restés de bons amis. Pensez donc, il avait travaillé pendant toute son activité avec trois mulets et Mario l'avait présentement séduit faisant resurgir d'émouvants souvenirs.

Le mulet Mario avec Guy, ancien vigneron des côteaux du Cher.
Guy, avec Mario il y a cela quelques années.

Ce gars-là, véritable mémoire de son village connaissait par cœur les galeries souterraines qu'il m'avait fait visiter en me munissant d’une lampe à acétylène. «Surtout pas de lampes électriques, ça dénaturent!» m'avait-il dit en s'engageant dans les labyrinthes. Sous le village s'étendent environ 400 km de galeries sur plusieurs niveaux. Beaucoup ont servi de refuge pour les matériels, armes et munitions de l'armée allemande pendant la dernière guerre mais lors de la débâcle, le génie de la Wehrmacht a tout fait sauté à la dynamite. Nombre de souterrains sont maintenant bouchés et absolument interdits d'accès car réputés très dangereux: Un jour, Guy m'avait demandé de venir avec Mario sur le coteau, à l'emplacement de ses anciennes vignes: il souhaitait conduire le mulet comme autrefois: cette journée-là fût un grand moment de bonheur pour lui, du moins je l'ai ressenti par ses larmes communicatives, vite séchées.

C'est donc sa fille Thérèse, installée dans le Vercors qui m’accueille ce soir.

En ce troisième jour de marche je me sens complètement déconnecté du reste du monde (encore un peu sous l'effet du confinement). Tout se concentre sur l'effort produit, sur la fatigue qui monte en même temps que les dénivelés. C'est bien paradoxal mais ces difficultés-là produisent une sorte de bonheur, de bien être dans la mesure où je sais pourquoi je m'exerce ainsi à cette tâche. Plus intimement la réussite de l'effort accompli produit un je ne sais quoi ( jankélévitch), un presque rien qui me réjouit et m'incite à me dépasser trop souvent au-delà des possibilités de l'âge: mais c'est ainsi!

Avec Mario, mulet de choix, nous ne passons pas inaperçus et souvent les gens nous interpellent sur le pourquoi et le motif de cette marche. Mon neveu se prend au jeu et c'est souvent lui qui, actif à la tâche, renseigne et explique aux personnes ce que le cancer peut provoquer chez les enfants...

Bien que la promenade du jour ne dépasse point les 17 km nous sommes épuisés en arrivant à Saint Laurent et c'est avec plaisir que nous nous sommes abondamment désaltérés sous le tilleul de Thérèse. Une fois n'est pas coutume: dès notre arrivée, plutôt que de libérer Mario en lui permettant de se délasser, de se rouler, je l'ai attaché à un cerisier afin que nous puissions étancher notre soif très égoïstement. « Je sais que ce n'est pas à refaire, car le bougre s'impatiente alors que nous nous engourdissons en flemmardant sous la moiteur et la senteur des fleurs de tisane. Il faut que je me ressaisisse de cette torpeur pour mettre en place la clôture, débâter l'animal, lui fournir de l'eau après ses tournes- boules dans son paddock. Je dois vraiment m'y mettre maintenant pour ranger les affaires à l'abri sur un tas de bois, repérer le lieu choisi pour dormir, prendre une douche pour « me remettre en selle. Je dois vraiment y aller maintenant...». Benoît, quant à lui semble groggy ce qui ne l’empêche pas après une longue discussion avec notre hôte sur les bienfaits du bio, de la culture raisonnée, des méfaits de l’industrialisation à outrance, de décrire par téléphone à sa jeune épousée le détail de notre après-midi. «Allez Benoît, au boulot!».

Le repas végétal préparé par Thérèse est couronné de succès par la spécialité de raviolis verts vraiment goûteux, puis j'allais dormir paisiblement dans la roulotte de chantier après avoir donné sa ration de granulés à mes grandes oreilles.

 

EN SUIVANT OU PAS LE GR 9.

https://www.openrunner.com/r/11366723 (itinéraire St Laurent/St Jean)

https://www.openrunner.com/r/10993777 (itinéraire st Jean/Beaufort)

Nous avons rejoint Saint-Jean-en-Royans par de petits chemins de traverse et juste après avoir franchi un petit ruisseau Mario a failli marcher sur une vipère. Thérèse qui nous accompagne s'est exclamé sans rire « heureusement, il n'y a pas eu de mal ni pour l'un ni pour l'autre ». Sur la place du village les touristes et les paroissiens du dimanche ont vite fait la ronde autour de Mario pendant que nous prenions un petit café à la terrasse du café bar du Royans.

Il fait grand chaud en passant à Oriol mais c'est à la sortie de Tamée que nous nous sommes arrêtés à l'ombre d'une plantation de noyers pour manger. Le mulet en partie débâté et laissé libre divaguait entre les arbres jusqu'au moment où nous le vîmes très loin. Hop là, le rattraper doucement surtout sans courir afin qu'il ne se prête pas au jeu du: «Attrape-moi si tu peux, je cours plus vite que toi». Il est très fort à ce petit jeu le Mario. Malicieux, il trottine en zigzagant en tournant la tête vers moi avec malice comme pour me dire «viens donc par ici, tu ne m'auras pas!»

Ce midi là il n'a pas joué et c'est tant mieux car une course au mulet par cette grande chaleur m'aurait vite achevé!

Au ''Combe'' nous étions un peu perplexe sur la direction à prendre tant les indications rouges et blanches du GR9 étaient imprécises. Heureusement Christian un citadin retraité de surcroît sportif (sic) nous a déconseillé de poursuivre le G.R.9 au motif d'un dénivelé positif de 300 m. Il valait beaucoup mieux suivre ses indications en longeant la D70 en suivant un petit chemin, puis bifurquer ici puis emprunter … Malheur à nous qui avons suivi les recommandations de ce pseudo autochtone. Nous nous sommes perdus au fond d'une combe dans un pré fraîchement fauché. Là nous avons rencontré une famille avec 3 enfants chaussés de tongs qui baguenaudait au milieu de nulle part: vraisemblablement des expert de randonnées au long cours qui n'ont pas manqué de nous dire que Mario était trop chargé. Plus loin nous avons retrouvé un sentier étroit très abrupt où chaque pas devenait presque une figure de Hip Hop. Le vide à main gauche était vertigineux. Impossible de faire demi-tour, le ballant du Bât me faisait frémir et je pensais avec optimisme teinté d'une heureuse bile que nous avions choisi le gentil parcours, celui des mauvais jours ! avec quelques jurons bien choisis dans le répertoire de François Rabelais et du capitaine Haddock (mon neveu étant plus expert que moi en la matière) nous remercions en le maudissant cet espèce de néorural de... et de... de nous avoir mené dans cette galère. Se fier à son intuition, ne pas faire confiance à des inconnus matamores, suivre son chemin, celui que l'on a préparé...tout cela je le sais, et pourtant!

Mario le mulet dans la Drôme.
Oh la la! ça promet!

De ces sentiers caillasseux, malaisés, étroits et escarpés où seules les ronces et autres plantes agressives aiment à nous griffer et meurtrir les jambes je peux dire que Mario s'est très honorablement sorti de ces étroites et vertigineuses lignes à peine tracées. C'est un super mulet de montagne qui épuise et donne la frousse à son muletier!

Pour me donner du courage dans ces rudes montées je pensais alors au combat des enfants malades du cancer: une sorte de baume somme toute!

Dépités et harassés par l'effort nous avons rejoint la route pour arriver épuisés au gîte communal de Léoncel installé dans l'abbaye. Ce jour-là, 28 km s'affichent sur nos appareils numériques!

-Je vous le redis si vous devez rejoindre Léoncel depuis Saint-Jean-en-Royans surtout prenez le GR9 sans écouter les sirènes d'un pseudo.

Sainte Marie de Léoncel est une ancienne abbaye cistercienne fondée au XII° siècle. Elle présente une belle transition entre l'art roman dépouillé du cœur et les élans pré-gothique de la nef. Rassurez-vous, je vous ai déjà infligé un long commentaire sur un autre site remarquable, je vous épargnerai donc ici le pourquoi du comment. De cette remarquable architecture il ne reste que l'aile des moines, où nous avons dormi.

Quelques vestiges de la salle capitulaire nous rappellent que nous ne sommes pas dans un endroit ordinaire .

Le gîte de Léoncel

Le gîte quant à lui est agréable, confortable, propre et bien tenu: un petit espace herbeux permet aux équidés de passer la nuit tranquillement: votre clôture est cependant nécessaire!

 

PLEIN SUD VERS BEAUFORT- SUR- GERVANNE.

Ce matin la brume basse et sombre cache l'horizon. Le vent un peu froid donne un ressenti hivernal et c'est donc avec nos chandails que nous prenons la direction du sud en ayant soin de suivre le GR9. Le chemin est bien tracé et, de part et d'autre les prairies sont abondantes et en partie fauchées. C'est une belle marche où nous passons La Vacherie, le Chaffal, Plan-de-Baix, la Combe, par de beaux chemins traversant de grandes forêts. Les vues sont splendides notamment à l'est de La Vacherie sur la montagne de Chauvet.

Plus loin au droit de Plan-de-Baix la montagne d'Omblèze resplendit et se mire au soleil déclinant. Au loin, on devine les hauts plateaux et peut-être encore plus loin la masse du Grand Veymont avec à sa droite le pic du Mont Aiguille (avec imagination et sans brume).

Cela me remémore la très belle rando réalisée en famille il y a 10 ans dans ce magnifique paysage des hauts plateaux du Vercors en suivant le GTV (grande traversée du Vercors). A l'époque, Vassili âgé de 4 ans, avait pu voyager en cacolet (une fabrication maison) tel une personnalité du second empire allant prendre les eaux en montagne. Cette balade-là reste en mon souvenir comme une préférence.

Notre très belle et longue étape d'aujourd'hui tantôt boisée tantôt champêtre nous a conduit jusqu'à l'aire naturelle de camping ''la belle verte ''.

Il y a possibilité de faire un paddock pour Mario et de profiter du calme jusqu'au moment où vers 21 heures bien sonnés, notre voisin campeur, un allemand s'est mis à téléphoner à très haute voix à proximité de nos tentes : position privilégiée pour le réseau à barrettes? Benoît, fourbu par cette journée de marche s'était rapidement endormi après avoir lui-même téléphoné à sa dulcinée. Depuis ma tente je l'entendais maugréer en écho aux vociférations de notre bienveillant voisin d'outre-Rhin. Ses bougonnements agrémentés de noms d'oiseaux tirés sûrement de ''la mort à crédit'' se sont amplifiés jusqu'au moment où j'ai entendu le glissement de la fermeture éclair de sa porte de tente. Un bref faisceau de lumière, puis en bon gaulois farci de langue anglaise je l'ai entendu dire en termes choisis mais fermes, hauts et clairs que la récréation était terminée. Tout est revenu calme à souhait.

''La belle verte'' vient tout juste de changer de propriétaire et les deux jeunes filles qui gèrent ce camping n'ont pas encore ouvert le restaurant décrit dans les guides. Nos réserves étant restreintes je propose que l'un d'entre nous se rende au village distant d'environ une demi-heure en contrebas pour y faire quelques emplettes. Sentant que la fatigue assaille mon neveu en le voyant allongé sur le sol je pris le parti de me rendre à Beaufort-sur-Gervanne après avoir participé à la mise en place de la clôture de Mario. A la seule boutique du village, une épicerie bio, j'ai trouvé quelques provisions et j'espérais que le monsieur à la voiture rouge qui se tenait derrière moi dans la file d'attente accepterait de me remonter au camping. En arrivant un peu essoufflé à ''la belle verte'' le monsieur à la voiture rouge était là, confortablement installé dans son transat: chacun pour soi.

Benoît quant à lui m'attendait en téléphonant à sa Marie: il n'y avait plus qu'à monter les tentes et préparer le dîner: soupe de volaille aux petits légumes bio, salé aux lentilles arrosé avec un vin bio de Grignan.

 

Vidéo, passage étroit dans la gorge du Vellan

ON BIFURQUE VERS L'EST .

https://www.openrunner.com/r/9770927 (itinéraire Beaufort/Die)

 

Il s'agit pour cette étape de rejoindre Die, le pays de la Clairette. Environ 24 km de montées et de descentes. Nous sommes maintenant en paysage méditerranéen. Les cigales nous accompagnent et toute la flore est transformée. Il fait chaud, très chaud et nous buvons, buvons.

Vidéo, saut au dessus de la Fonteuse.

Mario, après avoir franchi le ruisseau de Fonteuse par un bond démesuré nous conduit à Eygluy, bien sympathique petit bourg. Là, nous trouvons une fontaine dans un ancien lavoir.

Bien plus que cela il y a dans le village une buvette associative -La Clandestine- tenue par Cécile et Jean Luc où nous nous sommes arrêtés pour déguster une bière locale. Il n'était pas encore midi mais malgré cela la patronne nous a offert un petit en-cas qui a réjoui notre estomac. De plus, jean Luc me disait que le mois dernier il avait permis à des âniers de s’arrêter pour la nuit dans le pré de Mathurin: alors pourquoi pas pour de futurs muletiers?

La montée vers le col de Fonteuse puis vers le col des Blaches est ardue et je ne me souviens plus où nous nous sommes arrêtés pour manger. Mais nous sommes nous arrêtés? Mon neveu m'a sûrement rappelé à l'ordre en me réclamant cet arrêt, mais cela est sorti aujourd'hui de ma mémoire.

Les sentiers sont merveilleux, ils sentent bons et offrent de magnifiques points de vue avec dans le lointain la vallée de la Drôme. L'effort est aussi intense que la chaleur suffocante en ce début d'après-midi.

A peine avons-nous quitté le col des Blaches que nous apercevons au détour du chemin un âne, une femme et tout un matériel et affaires jonchant le sol. Nous faisons connaissance avec Lydie et l'âne Jacquot qui se reposent en laissant passer la grosse chaleur avant d'attaquer le col. Lydie reconnaît aussitôt Mario qui a eu les honneurs de la presse « les cahiers de l'âne », ce qui nous donne l'occasion d'échanger sur les combines, bonnes pratiques, petits trucs et astuces des voyageurs accompagnés d'animaux porteurs.

La descente vers Sainte croix s'effectue par un agréable chemin où déjà quelques vignes annoncent la clairette.

A Sainte Croix nous faisons halte dans l'ancien monastère où des jeunes en insertion travaillent à la restauration des toitures et à la gestion des eaux de pluie sous la forme d'un chantier participatif. Intrigués par notre équipage nous avons un intéressant échange avec les stagiaires jusqu'au moment où le prof leur demande avec détermination de revenir à l'ouvrage. Cette ancienne commanderie ''Antonime'' (tiens donc!) aujourd'hui centre d'accueil international accueille des séjours résidentiels en demi-pension ou pension complète, des stages, des séminaires...

la route des mulets -Ste croix (Drôme)
En quittant Ste Croix

 

Jusqu'à Die le chemin est parallèle à la route et flirte avec malice à côté de la Drôme au milieu d'un paysage vallonné rempli de vigne de la fameuse appellation. Très en hauteur sur main gauche, vers le nord, le col du Rousset me fait revivre une fois encore les émotions vécues il y a 10 ans avec notamment le passage de l'ancien chemin muletier, voie romaine creusé à flanc de montagne dans le rocher.

Les champs de lavandes nous nourrissent de leur couleur parfumée: nos sens sont aiguisés et c'est bon de marcher même si cela devient difficile.

L'aire naturelle ''les Muriers'' à Die sera notre havre du soir. Des bières, la communication téléphonique traditionnelle, un poulet rôti, les dispositions d'usage auprès de Mario qui bénéficie d'un bon paddock. Avant que le soleil ne soit éteint chacun regagne sa toile. Une sublime luminosité arrose dans le lointain le plateau du Vercors: c'est beau.

 

UN AUTRE JOUR.

https://www.openrunner.com/r/11079068 (itinéraire Die/ Lus)

 

«Ah, c'est vous qui faites une marche de fou? » voilà comment la patronne du camping vint nous saluer lors de notre départ. D'autres personnes nous ont également interpellés pour nous dire qu'elles nous avaient vus à tel ou tel endroit. Il y a je pense un certain plaisir, un contentement à nous le dire ainsi: comme si nous n'étions pas une éphémère vision virtuelle de leur tablette mais bien une réalité qu'ils ont vu et revu une deuxième fois. C'est bien eux, puisqu'on les a déjà vus! Et du coup, nous devenons presque des intimes, des connaissances, pourquoi pas des amis à la facebook. Ce sont eux, on les connaît, on les salue, on les reverra peut-être...Les citadins, les touristes, bref les gens qui nous interpellent de la sorte devraient relativiser leur propos car notre démarche est loin d'être exceptionnelle: nous marchons simplement sur notre chemin avec plaisir. Rien extraordinaire!

Au Départ de Die, nous avons suivi un GR le long de la Drôme qui nous a mené sur un sentier si étroit que Mario ne peut faire demi-tour. Heureusement sur ce type de transport la marche arrière

n'est pas une option mais est proposée en série. A force de « Arcule,arcule...» nous avons pu déboucher dans un terrain où des artistes de rue en résidence peuvent s’entraîner et entreposer leur matériel. Mario aurait pu faire le spectacle et s'enrôler pour un numéro de haute école muletière, mais l'une des comédiennes préféra nous donner à boire de l'eau bien fraîche avant de nous souhaiter bonne chance.

En sortie d'agglomération et avant de prendre le chemin en direction de l'abbaye de Valcroissant nous rencontrons un petit groupe de punks à chiens, installés en bivouac près de leurs camions déglingués. Ils nous baptisent avec raison « les voyageurs » et nous offrent trois melons qu'ils ont récupérés à la fin du marché de Die.

Aujourd’hui, en suivant le GR 95, nous devons passer 4 cols, le Pas de la Roche, les cols de l'Abbaye, de Peyrol et des Caux, soit un total de 1260 mètres de dénivelés positifs avant d'entamer la descente vers Chatillon-en-Diois sous une chaleur torride.

 

Encore et toujours le paysage reste magnifique et les champs de lavande nous enchantent. Le soleil tape vraiment très fort lorsque nous nous arrêtons à l'ombre d'un petit bois pour déguster nos melons et grignoter. Il fait déjà très chaud et je pense tout à trac aux soldats des armées napoléoniennes qui marchaient longtemps, sous équipés, trop chargés, par tous les temps. Je pense aux mulets-soldats, ceux qui ont gagné toutes les guerres en transportant matériels, fournitures et nourriture et souvent des hommes.

Le chemin devient vite un sentier, une sorte d'ancien ruisseau très étroit et encaissé au milieu des taillis. Une profonde fondrière le sillonne et Mario ne peut avancer qu'en mettant ses 4 sabots l'un derrière l'autre: pas moyen de garder l'équilibre. Au fond de l'ornière un profond trou rempli de feuilles mortes avale Mario et l'engloutit jusqu'au passage de sangle. Le mulet est coincé, il ne peut plus bouger malgré des efforts ''sur-mulet'' pour s'extraire du goulet. Alors vite, avant que tout bascule et devienne grave, nous débattons prestement pour l'alléger et portons tout le matériel sur une plate-forme herbeuse 30 mètres plus haut. On aide Mario par la parole, on le stimule et l'animal se bat pour s'en sortir, ses deux antérieurs sont bloqués, comme par une entrave très serrée, dans l'espèce de tube de terre argileuse qui l'enserre et ses postérieurs ne peuvent s’arc-bouter. Par un prodigieux effort Mario réussit enfin à s'extraire de cet entonnoir. Ce temps de galère a paru bien long! Comme lui, nous sommes épuisés et nous nous reposons un bon moment avant de repartir. Heureusement les champs de lavande sont encore là et la descente vers Chatillon n'est pas trop difficile.

Le bar du camping municipal nous accueille et le gardien nous a réservé un bon endroit pour le mulet qui comme d'habitude attire les touristes citadins comme des mouches.

Ce soir-là une forte inquiétude envahit Benoît sur l'étape du lendemain qui risque d'être rude avec un dénivelé important de 1300 mètres.

Après la douche: petit repas au bar puis dodo pour être en forme demain matin, de bonne heure et de bonne humeur.

UNE BIEN MOCHE JOURNÉE.

 

Eh oui, cette journée fût rude. Au matin, le petit déjeuner au bar du camping succède au rituel du rangement et des préparatifs habituels.

Mal réveillés peut-être, nous n'empruntons pas le bon sentier de départ et pour le retrouver il nous faut prendre une diagonale pentue qui n'est rien d'autre qu'une trace laissée par des animaux habitués à passer par là régulièrement comme le font par exemple les blaireaux. De ce que j'en connais, mon mulet chargé ne sait pas ou ne peut par gravir les très fortes pentes en marchant, il doit agir en coup de rein, en force et par à coup quitte à s’arrêter pour reprendre son souffle. Très étroit le layon est encombré de branches basses et de baliveaux qui fouettent le bât, déchirent en partie les sacs et autres affaires portées par Mario. C'est ainsi que plus tard, au moment de donner du grain à Mario, nous nous apercevrons que le sac des cuvettes n'est plus à sa place et qu'il est sûrement resté accroché sur un taillis de ce passage.

Nous reprenons donc le bon chemin, le GR 95, une variante du GTV qui s'en va jusqu'à Lus-la-Croix-Haute. Au Chargeoir (650m) nous avons vu un coureur bien équipé prendre une bifurcation sur la gauche marquée sur la carte comme un sentier. Après un temps de réflexion, nous avons préféré poursuivre notre chemin sur le GR, alors que le sentier du coureur ''bien équipé'' menait lui aussi au col de Mensac en contournant la montagne Piégu sur la Gauche.

Notre chemin paraissait plus large et surtout bien balisé. Il fût pourtant bien difficile dans sa montée A mi-chemin, devant nous, un arbre de bon calibre était couché en travers à une hauteur d'environ 1mètre 60. Le mulet à lui seul mesure 1mètre 67 au garrot et si on ajoute le bât et ce qu'il y a dessus on arrive facilement à une taille voisinant 1mètre 85. Pas possible de contourner l'obstacle ni en en pente montante ni par le val, encore moins de songer à scier ce tronc phénoménal. Bon sang! nous déchargeons tout ce qui est en hauteur en espérant que le mulet acceptera de fléchir. Je dois dire que ce type d'obstacle surgit assez fréquemment et qu'on arrive toujours soit à contourner soit à scier l’embûche, mais malgré cela l'incertitude est prégnante. Il faut donc rester serein et de ne pas transmettre mon désarrois, ni mon appréhension à Mario: sinon, oui sinon, cela arrive quelquefois: c’est foutu !

Je passe devant, tiens la longe en moue et « aihaie, on y va », Je baisse la tête, le mulet fait de même et au moment où son dos touche le tronc je le stimule et ...ça passe. Mario a naturellement su se fléchir et passer la difficulté en raflant fort le haut du bât qui portera longtemps les marques verts- sombres de l’écorce. C'est bien, félicitation et petites tapes amicales sur l'encolure, puis on rebatte pour retrouver... 500 mètres plus loin le même scénario. Dans la continuité nous refaisons les mêmes gestes, Mario refait la même gymnastique. Un peu fatigués tout de même par ces divertissements répétés qui vous semblent peut-être anodins depuis votre position de lecture, nous faisons halte sur un endroit en ubac, donc à l'ombre. Mario en profite pour brouter comme d'habitude.

En arrivant au col Régnier Benoît s’aperçoit qu'il a perdu son chapeau auquel il tient tant. « Bah, ça ne fait rien, il m'a bien rendu service durant 10 ans».

Alors que nous arrivons un peu plus loin au col Favier (comme ce bon vieux Gérard) nous retrouvons un sapin couché sur le sentier à une hauteur susceptible d'être enjambée. C'est du moins ce que je croyais sans m'en être approché. Le sentier est friable, constitué d'éboulis qui roulent au moindre pas, il est instable et nécessite une prudence extrême, qui malgré cela nous oblige à marcher avec discernement pour éviter de chuter dans le vide. Mario a senti le danger: dans un premier temps il a passé son antérieur droit sur le tronc mais a immédiatement reculé en glissant. Nous avons tout essayé: de le débâter pour l’alléger, de le pousser à la croupe, de le stimuler à la voix et au mistigri, de le flatter. Rien à faire, sa prudence légendaire et son instinct de survie conjugués à sa réputation de tête de mule n'ont pas permis de le convaincre de passer au-dessus du tronc.

        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)
        LA ROUTE DES MULETS (Vercors) entre Roybon et Lus-la-croix-haute (reconnaissance du trajet)

Alors, sortant la scie-chaîne de son gousset nous avons entrepris de couper l'arbre en deux. Seul, jamais je n'aurais entrepris de m'atteler à cette manœuvre mais à deux le challenge semblait jouable. Nous avons passé plus d'une heure, sous une chaleur torride, en plein soleil (le seul arbre étant à nos pieds) à tronçonner avec notre scie genre fil à couper le beurre (mais en plus gros) à faire une saignée nette coupant le pin au trois quart. On tenait le bon bout quand Benoît me dit « tonton, t'as entendu, il y a comme un craquement...». Le tronc avait vrillé sur lui-même coinçant la chaîne...impossible de la sortir et donc impossible de continuer de scier. Dans un ultime espoir j'attachais une corde longue reliant la bricole de Mario au pin couché au sol avec toutes ses branches mais cet acte utopique se révéla totalement inefficace: un tel poids évalué à 9 tonnes ne pouvait que faire pédaler le mulet sur les éboulis avec une réussite proche de zéro.

Il est 15 heures, 13 heures au soleil et ça blinde à qui mieux mieux, nous sommes hachés, lessivés, amers et dépités; nous grignotons un rien puis décidons de faire demi-tour en abandonnant notre étape du jour: le village des jeunes à Vaunières sur la commune de Saint-Julien-en-Beauchêne. Ne pouvant rejoindre notre étape raisonnablement avant la nuit nous nous résignons à terminer cette randonnée car nous n'avons plus le temps,en faisant demi-tour, de rejoindre avant demain soir lus-la-croix-Haute, à pied. Ce sont de grands moments de découragement où il faut que le mental se gonfle pour reprendre du souffle et que nous dépassions notre déception en découvrant les aspects positifs: celui par exemple d'être encore en bonne santé sans blessure !

C'est ici, au Chargeoir qu'il faut prendre à gauche.

Pour résumer, l'étape entre Chatillon-en-Diois et Lus-la-Croix-haute doit suivre le GR 95 en prenant le sentier démarrant au ''chargeoir et rejoignant le GR au col de Mensac, puis de se diriger par ce GR vers Ravel, Boulc, Vannières. (Cela évite les troncs couchés)

Nous avons donc fait demi-tour, retrouvé en chemin le chapeau perdu et avons rejoint la route départementale 539, celle qui se dirige justement vers Lus. Notre intention était de trouver un endroit pour bivouaquer pour passer la nuit et nous reposer. Un Hollandais propriétaire à la ''ferme beaux'' d'un beau gîte avec piscine et grand espace en bordure du ruisseau ''le Bès'' a refusé que nous souillons sa propriété en nous indiquant un parking à 2 km de là. Nous sommes allés jusqu'à ce parking situé au ''pont de Mensac'' en bord de route entièrement couvert de galets. Dans la rivière en contrebas une femme nue sortait de l'eau pour rejoindre un monsieur. Nous avons attendu que la dame s’habille et avons lié conversation avec celui qui se disait son fils. Gentiment celui-ci m'a proposé de me conduire au village de Mensac.

Là, au milieu du village j'ai rencontré Sylvain Malifaud ''le bois qu'il vous faut'' chef d'entreprise d'une scierie. Un homme jeune, rude, peu loquace, fier et généreux qui m'a indiqué derrière son hangar un endroit pour passer la nuit.

Repas frugal, toilette à l'ancienne au robinet du village, et coucher rapide dans un terrain précédemment labouré ou il faut choisir son sillon pour dormir en creux. Le mulet quant à lui s'est régalé avec ce que l'on appelle communément des mauvaises herbes.

mulet en liberté

 

DERNIER JOUR.

Le panneau ''En panne, LUS La + HAUTE'' a bien fonctionné puisque un bûcheron m'a pris en stop en m'installant dans sa cacugne entre le chien et la tronçonneuse. Il écoutait du Brassens et plus précisément ''brave Margot''. Le jeune couple qui m'a chargé ensuite allait faire une petite rando au-delà de Glandage et m'a déposé un peu avant le col de Grimone. Je décidais de poursuivre à pied les 7 ou 8 km (fastoche !) jusqu'au garage où m'attendait le Volkswagen réparé lorsque Margot (c'était elle) s'est arrêtée. Agricultrice en maraîchage bio en traction animale avec Khalife son mulet et éleveuse de moutons, nous n'avons pu parler que trop brièvement et notamment de Philippe cet autre muletier installé à Lus chez qui je devais me rendre si le WW n'avait pas rendu l'âme: «dans la contrée, nous nous connaissons tous », me dit-elle.

« Mais pour te parler de mon mulet Khalife, il est difficile et on ne peut le contrôler, heureusement que nous sommes deux pour la traction, sinon il faudrait s'en séparer... »

 

ÉPILOGUE.

 

Ce voyage muletier en Vercors s'est achevé par une pause réconfortante chez Chantal et Fabrice, à St-Martin-le-Vinoux au nord de Grenoble. Le WW réparé a pu aisément tracter le van de Mario jusque-là et même au-delà c'est à dire à la case départ: mes pénates du Loir-et-Cher.

Ce fût un voyage des plus beaux mais extrêmement physique où le mental doit s'accorder au parcours et aux événements divers...

« Ah, c'est vous qui faites une marche de fou ? »

« On vous a vu hier, c'est donc vrai votre histoire ? »

« Le cancer des enfants ? C'est bien ce que vous faites. »

« Vous faites tout ça à pied ? Vous ne montez jamais dessus ?  »

«Le pauvre, il doit avoir bien soif ? Il doit beaucoup souffrir, il est trop chargé, le pauvre. »

« Alors comme ça, les mulets passaient par ici pour se rendre en Italie ? »

 

Un voyage trois en un :

-Sensibiliser nos nombreuses rencontres aux cancers de l'enfant: mission accomplie.

-Reconnaître partiellement la mythique route des mulets : challenge en partie réussi.

-Aider notre planète à respirer autrement que par de trop gentils mots : là, résignions nous, ce n’est pas gagné, il faut poursuivre.

La fatigue me gagne mais mon cœur est content...enfant de la montagne, j'y retourne en chantant...

 

Jean, du pré de BAS-FER, en août 2020.

 

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Jean-Louis 22/08/2020 11:47

Toujours aussi instructif, participatif, et admirablement écrit...

Michel Dubois 21/08/2020 12:02

Bonjour Jean,
Toi et Mario (et réciproquement !), vous êtes une agence de tourisme incomparable.
Nous faisons le tour de la France sans quitter notre "doux" canapé !
Un tour de la France touristique et gastronomique.
Les chocolatines, les rillettes du Mans, les fricadelles, la truffade (j'en rajoute peut-être un peu…) Tout ceci fait rêver, saliver et... produit même du cholestérol !!!...
Je vous le dis, c'est le Pérou. Non… la France !
Enfin, sur un plan sportif, ce n'est pas un tour de la France mais un "Tour de France" réalisé sans trucage et… SANS DOPAGE (sauf les ingrédients ci-dessus !).
Bonne marche et à la prochaine étape…
Michel Dubois / 414110 Saint Aignan