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Publié par randomulet

 

Simple balade d'environ 100 km(soit un partie du sentier) au sein de ces deux belles régions de France si bien décrites par George Sand à travers son roman « Les maîtres sonneurs »

Cela fait maintenant 10 années que je promène Mario le mulet sur ce sentier romantique.

Le roman : Joseph, le héros, souhaite devenir un grand musicien. Sur les conseil de son ami Huriel, sonneur de cornemuse et muletier, il entreprend un grand voyage qui le conduit dans le Bourbonnais. Malade, il reviendra vers Nohant après bien des péripéties, dont des échanges musclés avec les muletiers, et deviendra maître sonneur.

 

Cette fois-ci, 7 randonneurs m'accompagnent : Françoise, Anne, Christine, Benjamin, Guillaume, Bernard et encore Bernard. Depuis presque une année, ils se sont inscrits pour participer avec le mulet à cette tranquille virée bucolique.

le Boischaut

Les chemins ne me sont pas inconnus et les gîtes de groupe sont agréables et bien tenus.

Les communes, les communautés de communes, les départements de l'Indre, du Cher et de l'Allier, les régions du centre-Val de Loire et Auvergne/Rhône-Alpes mais surtout l'association « sur les pas des maîtres sonneurs » s'emploient à faire connaître ces 200 km de bocages, de chemins creux, de gués, de haies vives où l’on fait de belles et surprenantes rencontres.

un mulet en Bourbonnais
mulet en Berry

C'est une véritable quiétude que l'on retrouve ici, et tout marcheur même non confirmé trouve le bonheur de découvrir de paisibles paysages.

C'est ainsi que nous avons cheminé entre La Berthenoux, Thevet St -Julien, Montlevicq, La Motte Feuilly, Champillet, Châteaumeillant, St-Saturnin, Sidiailles, St-Palais , St-Rémy et Préveranges.

La Berthenoux : ici le gîte de groupe est de grande qualité et offre tout le confort. Nous avons dîné dans l'unique commerce du village, chez Jacqueline. Ce restaurant-bar-tabac-journaux constitue le dernier lieu où l'on cause entre copains au moment de l'apéro. Ce qui nous a permis de faire connaissance avec des figures locales hautes en couleur !

Si vous passez un jour près de La Berthenoux, prenez le temps de vous y arrêter, tant ce village est typique du Boischaut- sud. Il est bâti sur une petite colline qui domine les vallées de l'Igneraie et de la Sinaise.

Une très belle église romane du XIIe siècle vaut le détour et vous admirerez sa nef unique avec une belle charpente, des piliers aux chapiteaux représentant des animaux confrontés aux sept péchés capitaux,

Non loin de là, se trouvent une belle tour ronde, vestige de l'ancien prieuré, et dans le cimetière, une fameuse lanterne des morts datant du XIIe siècle. Mais La Berthenoux est surtout célèbre pour sa mythique foire datant du XIIe et pour le curé Débourges, célèbre exorciste, qui resta plus de 45 ans dans cette paroisse. Arrivaient de toute la France : des possédés, des névrosés, des psychotiques, des schizophrènes, et toutes sortes de gens poursuivis par leur démon ou par le malin, diable qu'il chassait à la grande satisfaction des ses clients. On dit même qu'il fût, à sa façon, un psychothérapeute de haute volée. La formule était la même pour tous :  « je te conjure, antique serpent que, de ce serviteur de Dieu, tu te retires promptement avec tout le cortège de tes tremblements et fureurs ».Après cet abbé, maintenant disparu, il nous faudra nous vouer aux grands prêtres des médias,  qui nous enfument le soir en ricanant !

toutes dans le même genre

Thevet Saint- Julien : dans ce village, traversé par l'Igneraie, j'ai coutume de m’arrêter pour consommer, vers les 10 heures, un « café de bonnes sœurs » au bistrot dont les murs sont couverts de bons mots d'humour. Quelques commerces permettent de faire ses emplettes. Le boulanger rivalise avec la charcutière qui tente d'écouler sa marchandise aux chalands! Mais c'est encore à un curé de choc que ce village doit sa notoriété. En effet, l'abbé Aymon qui n'a je crois, rien de commun avec les quatre fils bien connus des Ardennes, occupa la chaire de la paroisse durant 46 ans, de 1941à 1987. Durant cette période, il eut tout le loisir de sculpter le mobilier intérieur de l'église, les piliers et le porche d'entrée, laissant ainsi, pour la postérité, des ouvrages représentant les évangélistes et leurs symboles. Des scènes de la bible sont également représentées. Il fit collection de branches, de racines, au profil de personnages et d'animaux fantasmagoriques. Cette étonnante collection comporte 300 pièces visibles à l'office de tourisme situé juste en face de l'église.

Montlevicq : après avoir traversé une longue plaine, et ayant eu la joie de rencontrer une belle et solitaire néerlandaise rejoignant Compostelle avec entrain à l'issue de ses études de médecine, nous sommes arrivés au pied du château pour y faire repos et casser la croûte à l'ombre d'un bel arbre.Tout le monde se sentait fatigué et cette halte fut salutaire.

Le château, de belle facture, est très harmonieux avec ses tours qui entourent les corps de logis.

En sortie du village, nous avons la surprise de voir que le restaurant a rouvert ses portes et qu'il accueille de nombreux convives. Il porte maintenant le nom de Vicus, en référence à l'ancien Vicus romain, près duquel le village de Mont-le-Vic fût construit. C'est promis, nous ferons halte ici lors de la prochaine virée dans ce coin

le gisant de Charlotte d'Albret

La Motte Feuilly : ce minuscule village possède un gîte de groupe, lui aussi fort agréable, qui sait accueillir randonneurs du sentier des maîtres sonneurs et pèlerins d'un des chemins de Saint jacques de Compostelle. Il a la particularité de proposer des chambres individuelles, genre cellules de moines, car en son temps, il fut l'internat d'un lycée agricole :mais cela a son charme tout de même !

Un joli château du XIIe siècle jouxte l'église. Petite leçon d'histoire : Charlotte d'Albret, qui épousa César Borgia, fils du pape Alexandre VI, y vécut jusqu'à sa mort en 1514. On dit aussi que parmi les descendants et possesseurs de titre, se trouve le prince Albert de Monaco, c'est vous dire !

une autre fois au même bistrot

Champillet : ce village est traversé par la grande route très fréquentée qui relie Montluçon à La Châtre. Prendre gare pour traverser cette nationale qui est devenue départementale ! Il y avait autrefois une grande auberge très réputée, on venait de loin pour se restaurer et goûter les bienfaits de sa table. D'ailleurs ne lit-on pas sur la façade « HOTEL DU LION ON LOGE A PIED ET A CHEVAL »

En milieu de matinée, ayant soif d'un petit café, nous nous sommes arrêtés dans le bistrot-tabac- alimentation-journaux-essence-point postal… puis ayant libéré Mario du grand parking où il nous attendait sagement, nous avons repris notre chemin vers Châteaumeillant.

 

Châteaumeillant : souvent je m’arrête pour dormir dans ce bourg chargé d'histoire et de centres d’intérêts. Le gîte construit en bordure de l'étang Merlin, de l'autre côté du camping, offre un bon confort à des prix attractifs. Mario se sent à l'aise dans l'espace herbeux que lui réserve Olivier le gérant du lieu. Et puis il y a la Goutte noire le petit ruisseau, mais aussi la « Goutte Noire » le restaurant gastronomique que nous honorons à chaque passage, invités le plus souvent par Notre Guillaume, neveu du Havre. Il n'y a aucune raison de manger uniquement du pâté jambon sur le chemin !

Châteaumeillant s’enorgueillit de son vignoble AOC implanté sur 100 hectares donnant principalement du gamay et pinot noir. Mais cette petite ville est surtout connue grâce à son passé gallo-romain : un oppidum gaulois fut fondé par les biturges qui combattirent les légions de César, lequel aurait alors visité ce lieu.Il est intéressant de constater que Mediolanum, ancêtre de Chateaumeillant, figure sur la carte de Peutinger.


 

Saint Saturnin: après avoir passé « Beau Merle » nous sommes arrivés au village juste avant la fermeture du seul commerce, un bar-tabac tenu par une jeune dame devant se rendre à un mariage. Juste le temps de « siffler » une bonne bière. Nous avons grignoté notre déjeuner sur les murets de l’église. Une belle église ma foi, de style roman poitevin, qui nous a inspirés pour « pousser » un salve régina des plus radieux.


 

un accueillant petit muret

 

Sidiailles : comme à l'habitude, nous nous arrêtons chez Jocelyne et Jacques, qui tiennent gîte et chambres d'hôtes au lieu dit « Chezelles ». Le mulet, quant à lui, a rejoint le jardin de la voisine.

Le plan d'eau voisin est réputé pour ses plages et ses activités nautiques.

Ce petit village s'enorgueillit de posséder en son église la plus vieille des cloches de France. Elle proviendrait de l'abbaye des Pierres, située non loin de là mais dont il ne reste que de tristes ruines et un porche remanié.

Saint-Palais : après bien de chemins creux, malaisés, herbeux et boueux, nous arrivons sur la place de l'église de ce petit village. Nous ayant précédés, Françoise et Bernard font la connaissance de dame Janine qui nous propose chaises et table, car dit-elle « il est plus agréable de manger assis après avoir tant marché ». Plus tard, elle nous offrira même le café! Cela fait du bien de rencontrer des gens aussi avenants et d'une si grande gentillesse.

Je ne vous parlerai pas de l'église du village. Elle date également du XIIe siècle. Ni de la vierge noire, « vierge-mère, déesse-terre, » qui a depuis longtemps disparue dans des circonstances non élucidées(sic).  « Survivance de la tradition celtique à travers l'art roman, elle faisait face à une statuette représentant Vercingétorix sur le monument aux morts ». C'est dire l'importance de ces deux symboles de la civilisation Celtique et Gauloise dans ces contrées, au centre de notre pays !


 

Saint-Rémy : j'aime bien ce petit coin de Saint Sauvier. J’aime bien m'y arrêter pour la nuit. Le gîte « La Brulette » est très agréable et peut accueillir un groupe de 6/7 randonneurs.

Il est géré par la communauté de communes d'Huriel, qui craignant le saccage de cet espace, demande une caution de 200 euros.

Auparavant, à la chapelle St Rémy, se déroulaient une foire et un pèlerinage légendaire autour de sa source miraculeuse. L'autorité ecclésiastique a récemment frappé d'interdit ce pèlerinage, qui était devenu au fil des temps, une grande braderie riche en orgies, en commerces divers où les dévots, les humbles, les libidineux, les orateurs, les marmiteux, les marchands de tous poils et pas seulement d'images pieuses, les jeunes filles fraîches paysannes se faisant embobiner par des bonimenteurs et divers forains venus tout exprès, des vieillards chantant des refrains obscènes et buvant du vin en jetant leurs béquilles, moins par l'effet de l'eau miraculeuse de St Rémy que grâce à la dive bouteille. Gomorrhe revit !

Le nombre de mendiants qui affluaient à la fontaine a beaucoup diminué en même temps que le nombre de fidèles, les offrandes se faisant plus rares. La chapelle était autrefois d'un grand rapport pour le clergé. Celui-ci a eu le bon esprit de comprendre que la religion doit rester enfermée dans ses temples, et de ne pas se mêler au désordre d'une fête aussi « tumultueuse ».(spicilèges adaptés tirés du texte d'Achille Allier- 1830)

Préveranges : ce bourg fait partie de mes préférences grâce au confort et au prix attractif de son gîte d'étape, mais aussi parce que les « filles » de la mairie font tout pour rendre le séjour des randonneurs et celui du mulet (qu'elles adorent) le plus plaisant possible.

Dans ce bourg traversé par l'Arnon et la Joyeuse, le restaurant « la Biaude » a connu son heure de gloire grâce à son propriétaire joueur d’accordéon. Aujourd'hui, Aurélie, tente avec courage de faire vivre son alimentation en proposant son service traiteur, ce qui est bien agréable lorsqu'on souhaite se dispenser de cuisine après avoir marché jusqu'au lieu-dit «Le Magnoux », point culminant de la région centre-Val de Loire à 504 m d'altitude. De là, les contemplatifs peuvent apercevoir par beau temps, le Puy- de- Dôme, distant de 94 km.

 

sans oublier SUPER MARIO(sur le tee-shirt)sans oublier SUPER MARIO(sur le tee-shirt)
sans oublier SUPER MARIO(sur le tee-shirt)

sans oublier SUPER MARIO(sur le tee-shirt)

 

Ce tout petit tour en Berry et Bourbonnais nous a ravi tant par les paysages champêtres avec ses haies, ses bocages et chemins creux, ses buissons de houx, que par les maisons des villages et des fermes restées dans leur jus mais aussi grâce aux rencontres faites au fil du parcours. Notre groupe fut heureux de vivre ensemble un si paisible et reposant séjour.

Je retiens l'accent et l’intonation du « Mario rio ho à droite... », presque un chant, une complainte, une ritournelle que Benjamin se plaisait à dire pour adjurer au mulet de rester sur le bas côté. Ce fut vraiment une bonne randonnée.

 

 

                                                    Jean du pré de Basfer en Mai 2018

                    

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Anne 15/06/2018 07:50

tout est bien dit, ce fut un très agréable moment
A renouveler j'espère
Berry = sérénité , apaisement que du bonheur




Tout est bien dit , un merveilleux moment dans un lieu superbe et avec un super groupe
Le Berry= sérénité et apaisement , une belle parenthèse dans mon quotidien
Merci Jean et merci au groupe

randomulet 15/06/2018 18:32

oui, comme tu le dis c'est paisible ,sans stress et dans la convivialité ,je dirai même dans la fraternité!!!

BYP BYP 13/06/2018 15:06

LE BERRY , un terroir plus vrai que nature , où nous aimons , effectivement , nous retrouver .
George aurait eu , je pense , grand plaisir à lire ce nouveau carnet du pays qu'elle chérissait .
BRAVO .
Nous nous inscrivons pour 2019
BYP BYP

randomulet 15/06/2018 18:30

Hello! rien de programmé pour 2019.sinon l'ile d'Oléron.
Nous verrons bien le moment venu.